Intégrer la démarche scientifique en politique : levier pour le progrès de l’humanité.

Question: La science et le savoir ne sont-ils pas le meilleur moyen d’émanciper l’individu ?

Réponse : Absolument. Nous avons la chance de vivre à une époque où la science a totalement changé notre vie. Au-delà de ce constat, elle a provoqué des changements profonds dans nos modes de pensée et d’éducation. Quand on pense que nos contemporains sont appelés régulièrement à se prononcer sur des questions aussi essentielles que l’usage du nucléaire, la pollution la réglementation de la banque en ligne ou l’écologie et que leurs connaissances scientifiques ne dépassent guère celles du dix-septième siècle, on est en droit de s’interroger.
Or, toute démarche scientifique digne de ce nom doit reposer sur deux piliers : l’expérimentation du monde et l’interprétation des théories. Le fait d’observer sans se donner les moyens d’analyser est un non sens. Théoriser sans être en mesure de se confronter à la réalité est tout aussi pernicieux. Dans l’Antiquité, les Grecs ont inventé le raisonnement rationnel pour faire contrepoids au Divin. La logique et le raisonnement étaient le fondement même de leur pensée. Or, tous les grands massacres perpétrés par l’humanité, des Guerres de Religion à l’extermination des Juifs, se fondent sur l’ignorance. La culture scientifique doit donc reposer sur la confrontation des théories aux faits et à la réalité. Pour y parvenir, il faut être habité par le doute, l’esprit critique et le sens de la mesure. Au-delà des connaissances proprement dites, il s’agit donc d’apprendre à raisonner et à remettre en cause ce qui apparaît pourtant comme une évidence.
Le parti politique qui aura saisi le sens de la démarche scientifique contribuera au progrès de l’humanité. Il disposera là d’un outil dont il ne s’est jamais réellement servi. Ce qui démontre que la plupart de ceux qui nous dirigent n’ont aucune connaissance en la matière, au-delà du respect qu’ils peuvent témoigner à la science. Faute de formation solide sur le sujet, la Gauche a manqué quelques rendez-vous essentiels dans le passé. Je suis convaincu qu’en jouant la carte de l’éducation et de la culture, le succès sera au rendez-vous. Tout est affaire de temps. Pour être certain de choisir la meilleure solution en cas de décès voici un site pour choisir une assurance vie : Comparatif assurance vie

Question: Dans un contexte marqué par la crise des vocations, comment est-il possible de promouvoir une science utile et accessible à tous ?

Réponse: Vous touchez-là un point essentiel. Pour commencer, il faut inculquer aux jeunes l’amour des sciences, en les rendant plus attractives. Ce qui exige du temps, de l’énergie et de la patience. Il convient ensuite d’en finir avec cette fâcheuse habitude qu’à notre République de choyer ses esprits les plus brillants. Tant et si bien que les élèves des grandes écoles se tournent désormais vers les métiers de la finance, dans la mesure où les salaires y sont dix fois plus élevés que dans la recherche. Un véritable gâchis ! Sans compter que les thésards doivent se livrer à un véritable parcours du combattant pour espérer intégrer des laboratoires et obtenir, en retour, une rétribution proche du Smic ! Résultat : nos cerveaux les plus brillants qui se sont vu offrir des études au prix fort, s’expatrient aux États-Unis pour y accéder à de meilleures conditions de rémunération. C’est une hérésie, voire même une aberration ! Le seul moyen d’en sortir, c’est de payer les débutants à leur juste valeur.
Nous avons également un besoin impératif d’enseignants enthousiastes. Beaucoup ont été brimés tout au long de leur carrière, avec l’obligation de concilier cours, recherche et tracasseries administratives. Du coup, la qualité de l’enseignement s’en ressent. Autre constat tout aussi alarmiste : nos meilleurs étudiants se tournent vers les grandes écoles, tandis que les enseignants les plus brillants exercent à l’université. Ne serait-il pas plus logique que les bons étudiants aient accès aux meilleurs enseignants ? Le système marche à l’envers et personne ne s’en émeut ! Et ce, parce que les acteurs en charge du système n’ont jamais été chercheurs !
Le chantier est colossal. Ce n’est d’ailleurs pas tant une question de moyens que d’organisation. Ne gagnerait-on pas à inciter les chercheurs les moins actifs à consacrer une partie de leur temps à l’enseignement et les thésards à s’investir davantage dans leurs travaux. L’uniformité est une catastrophe. Il faut donc revoir le système de fond en comble. Si la Gauche revient au pouvoir, elle a quarante années de travail devant elle.

Question: Quel est le meilleur moyen d’échapper à une vision « productiviste » de la science ?

Réponse: Il faut un minimum de moyens. Mais, en jouant sur les seuls aspects organisationnels, on obtiendrait un gain d’efficacité de plus de 50 %. Ce n’est pas en plaçant la science à 3 ou 4 % du PNB qu’on mettra le pays en péril, d’autant qu’elle se révèle particulièrement utile dans la lutte contre le chômage et la violence.
J’ai animé des conférences dans les quartiers difficiles et constaté à quel point les jeunes pouvaient manifester de l’enthousiasme, dès lors que les conditions sont réunies. Les cultiver, c’est leur offrir des perspectives, en changeant le cours de leur existence. La Droite a totalement abandonné ce chantier. Il y a donc un terrain fertile pour la Gauche.

Question: Le but ultime de la science n’est-il pas la compréhension du monde et des mystères qu’il recèle ?

Réponse: Oui. Une des motivations premières des scientifiques, c’est la curiosité. Sommes-nous capables ou non de comprendre la complexité du monde qui nous entoure ? Je n’ai pas la réponse. Depuis l’Antiquité, l’homme a fait des progrès fantastiques. Les questions qu’il s’est posé sur l’univers, la terre, la vie, le temps, la matière ont trouvé leur lot de réponses. J’ai coutume de dire sur le ton de la plaisanterie que dans notre société, deux métiers sont essentiels : l’agriculture et la maçonnerie. La première, parce qu’elle nous assure la nourriture, la seconde parce qu’elle nous protège des intempéries. Ces deux corps représentent 3 % de la population. Je fais donc partie des 97 % d’inutiles pour lesquels la culture et la science restent une priorité. Dès lors que les hommes peuvent manger à leur faim et s’abriter, la science devient un objet incontournable. J’ai d’ailleurs la faiblesse de croire qu’avec la connaissance, les raisons de s’entredéchirer disparaitront tôt ou tard. Et si je devais me présenter à la présidentielle, mon programme se déclinerait en trois points : la culture, la recherche et l’éducation.
Propos recueillis par Bruno Tranchant