Alain Bergounioux est directeur de La Revue socialiste.
Ce numéro de La Revue Socialiste inaugure un nouveau cycle comme en témoigne le changement de maquette. Les ambitions ne sont pas démesurées ! Il s’agit simplement de revenir aux objectifs initiaux exprimés lors du premier numéro de cette série en 1998 : offrir des éléments de réflexion et de débats pour rendre vivante la pensée socialiste.
Une première difficulté est de s’y tenir dans la durée avec des rendez-vous respectés et des rubriques régulières. Une seconde est de résister à la facilité de demander des articles quasi exclusivement à des socialistes en essayant d’ouvrir La Revue à des analyses et des opinions différentes. Toutes les séries précédentes, depuis la première Revue Socialiste, en 1885, celle fondée par Benoît Malon, ont connu un sort semblable après les premiers enthousiasmes… Comme le Parti, il a fallu les « refonder » à plusieurs reprises.
Aujourd’hui, nous voulons donner un nouvel élan à notre Revue en lui donnant la mission d’éclairer des points fondamentaux de notre projet. Cela suppose évidemment d’être dans l’actualité, mais de ne pas en être trop prisonnier dans une société sur-informée, où les nouvelles, les points de vue, les jugements se télescopent à grande vitesse. De toute manière, notre rythme trimestriel l’interdirait sous peine de n’offrir que des redites. Cette contrainte peut être mise à profit pour apporter un plus si nous savons en tirer parti. Cela rend compte de la structure de La Revue que nous vous proposerons à partir de maintenant. Un dossier ouvrira le numéro sur une question ou un thème qui interrogent la pensée socialiste. Aujourd’hui, il porte sur les ouvriers en France. Tous nous avons en mémoire l’interpellation de Pierre Mauroy, lors de la campagne présidentielle de 2002, où le mot n’apparaissait pas dans les textes socialistes… Mais, elle aurait pu s’appliquer à d’autres catégories sociales pas ou peu prises en compte. La connaissance de la société française est pourtant une nécessité pour un parti qui veut l’exprimer dans sa diversité. Un effort avait été entrepris en 2004 lors de l‘élaboration d’un « diagnostic » qui a précédé le projet de 2006. Mais, en avons-nous tiré les conséquences ? Quoi qu’il en soit, La Revue Socialiste se donnera cet objectif de compréhension des évolutions de la société française. Sa fragmentation ne doit pas occulter les clivages qui la traversent. Si l’on ne peut plus parler de « classes sociales » au sens strict de la notion, il n’y en a pas moins des relations de classe.
Nous poursuivrons par deux débats, l’un sur un livre ou un document important, qui suscitent la controverse, l’autre sur un sujet qui est au cœur de la confrontation avec la droite. Il nous a paru ainsi que le livre d’Emmanuel Todd Après la démocratie méritait une discussion critique, menée par deux lecteurs. La question du protectionnisme ne résume pas toutes les analyses contenues dans cet ouvrage, il s’en faut de beaucoup. Mais, c’est celle qui a été retenue dans l’opinion. Elle structure donc l’échange que nous avons organisé. Le thème du travail, d’autre part, a été au cœur de la dernière campagne présidentielle, il n’est nul besoin de le souligner. Il l’a été dans une double dimension, économique et morale, que voulait résumer le slogan de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus ». La crise actuelle rappelle les données véridiques des problèmes loin des caricatures. Si le travail manque, ce n’est pas le choix des individus ! Il n’est pas possible non plus d’oublier comment ont évolué aujourd’hui les conditions de la vie au travail dans une analyse d’ensemble. La place du travail dans la vie sociale demande de penser ensemble sa réalité individuelle et les supports collectifs. C’est toute une réflexion à reprendre pour lui donner toute sa portée dans notre projet.
Donner des ouvertures est le troisième objectif de cette nouvelle série. Ouverture, d’abord, sur notre passé. Et ce n’est pas un paradoxe… Trop de socialistes n’ont pas le sentiment d’avoir une doctrine digne d’être défendue face aux autres idéologies. Produit de l’histoire, des succès, comme des erreurs, la conception du socialisme démocratique constitue une philosophie de l’action qui mérite d’être connue. Nous ne le ferons pas de manière privilégiée par des articles d’histoire proprement dits. Nous avons pour cela la revue de l’OURS, Recherche socialiste et les publications de la Fondation Jean Jaurès. Mais, nous publierons, à chaque fois, un « grand texte » qui a compté pour définir la pensée socialiste. Dans ce numéro, figure un des derniers grands discours de Léon Blum, discours prononcé, en avril 1948, à Stresa, devant une assemblée de l’Internationale socialiste renaissante. Il pose les bases de ce que sera la pensée européenne des socialistes, expliquant clairement ce que doit être une délégation de souveraineté pour arriver à forger une communauté de nations. Ouverture, également, sur d’autres régions du monde évidemment, sur l’Europe, et tout particulièrement les réalités de la gauche européenne, sur les problèmes internationaux, les clivages et les conflits actuels et prochains. Nous revenons, cette fois, sur la situation en Grèce et en Israël. Avec Pierre Hassner, pour terminer, nous envisageons les grandes lignes du « monde d’Obama », c’est-à-dire du monde dans lequel la nouvelle politique américaine doit agir, et nous à côté…
Les rédacteurs de cette Revue, divers par leur formation et par leur génération, ont un point commun, ils pensent que la connaissance et la confrontation des idées sont des principes nécessaires pour la vie du socialisme.
Alain Bergounioux




travailler plus pour gagner plus est un concept ridicule…il engendre « une forme de combat individuel qui peut mettre en cause les principes democratiques republicains..les valeurs morales du travail..par la corruption financiere…resultantes:inegalite et injustice….et non pas « egalite,fraternite »..et puis ,plus de liberte du travail;une tendance qui ouvre plus le profit,le rendement,..et surtout la speculation..en somme »tout pour moi et rien pour le voisin »…mais ou vas-t-on?….
travailler plus pour gagner plus, je travaille plus pour gagner plus d’argent la plupart du temps. Au mini super marché les employées travaillent le dimanche matin (les autres supers marchés font de même) et le soir au lieu de 19h c’est 20h et pas que pour l’été, avec les même employées qui rentrent à 21h chez elles. Moi je ne travaille pas.