ouvrière et sociale, cette exposition a été représentée à Paris en 2008 au siège du PCF, au siège de la CFDT et dans la galerie Galerie Beckel-Odille-Boïcos (avant une éventuelle exposition de fac-simile) et accompagné d’un catalogue1.
Pour le catalogue, nous avons fait appel à deux historiens spécialistes des questions d’images et de propagande. Christian Delporte2 propose un historique de l’usage de l’affiche par les organisations du mouvement ouvrier, de ses sujets et de ses artistes (de Steinlen, Grandjouan, Paul Ordner, Paul Colin…, à Claude Baillargeon ou Jacques Séguéla), mais aussi de sa fonction dans la panoplie des actions du militant, relevant un apogée de cette utilisation des années trente à la fin des années quatre-vingt. Il relève, avec l’omniprésence de la « communication politique », une perte de spécificité de ces affiches et une « standardisation » des images proposées. Danielle Tartakowsky3 à partir du corpus des affiches sélectionnées par les membres du Codhos en livre des commentaires à partir des thématiques qu’elle en dégage : à la fois d’un point de vue de l’histoire politique et syndicale, de l’histoire des représentations, voire de l’histoire de l’art, en cherchant par exemple à travers les images retenues une identité « cégétiste » ou « céfedétiste », ou en s’interrogeant sur les types de métiers représentés, du mineur au métallurgiste, en passant par la figure de l’OS ou en interrogeant la place des ouvrières. Elle esquisse également une analyse de la manière dont le PC se présente comme « le » parti ouvrier, renvoyant d’une certaine façon les socialistes à « une autre culture sociale » qui n’est pas sans interroger la manière dont les socialistes se présentent et se pensent dans la société. Il ne s’agissait pas, avec cette exposition et ce catalogue, de proposer des conclusions à partir d’un corpus forcément limité, qui écrase d’autres représentations, et interroge peu par exemple la place de l’affiche dans le mouvement communiste, mais plutôt de poser des balises temporelles fortes, et des rappels à partir d’affiches icônes ou d’autres moins connues, de suggérer des pistes de réflexion. Et surtout de rappeler que les images ont leur propre langage et qu’elles sont un réel support d’analyses pour décrypter les évolutions d’une société, et donc d’un parti politique4.
Les socialistes et leurs images : l’ouvrier et la République
Le Parti socialiste a adopté, en 2008, la cinquième déclaration de principes de son histoire, ce qui faisait dire à Alain Bergounioux, responsable de la commission ayant préparé ce texte que c’était à la fois beaucoup (puisque les socialistes s’inscrivent dans une histoire longue et que les valeurs qui fondent leur engagement – construire un monde plus juste ! - ont peu changé) et peu (car le monde a changé !). Mais remarquons que s’agissant de ses emblèmes ou logos, c’est encore moins. Du drapeau rouge avec les lettres PS dorées au poing et la rose, en passant par les trois flèches, le Parti socialiste n’a eu depuis 1905 que trois symboles forts (et son symbole actuel fêtera ses 40 ans l’année prochaine, quand ses homologues européens en ont changé, certains plusieurs fois, dans les dernières années) : au cours du siècle, d’autres images références l’accompagnent comme la Marianne virile qui renvoie à la République sociale, le soleil levant (emblème partiellement réactualisé par les PS dans les années 1993-1994), l’églantine, la rose sauvage, et à partir des années trente le poing levé, bras cassé, qu’il partage, comme le drapeau rouge, avec le Parti communiste. Des années trente à la fin des années quarante, l’image d’un ouvrier en bras de chemise, retroussant ses manches, dû au trait du dessinateur du Populaire de Paris, Robert Fuzier, revient régulièrement sur ses affiches ou dans les dessins de la presse socialiste : c’est cet ouvrier qui sert d’identifiant aux brochures éditées par la librairie Populaire, la maison d’éditions du parti socialiste. Mais, à la différence du parti communiste, il y a une certaine réticence des socialistes devant ces moyens de propagande, et notamment les affiches et les slogans qui, disent-ils, parlent plus aux émotions qu’à la raison : rien



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