
Reprenant l’intervention de l’ancien Premier ministre lors des Rendez-vous de l’Histoire de Blois d’octobre 2009, à l’invitation de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Office universitaire de recherche socialiste, cet essai livre une vision à la fois historique et personnelle des rapports entre socialisme et capitalisme.
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Revue Socialiste



« La tache des socialistes n’est pas de moraliser le capitalisme et de le refondre , mais de le transformer…. » . En réalité , c’est le PS qui a été transformé par un capitalisme de plus en plus prédateur .
Cela se voit :
- dans les comportements individuels de certains responsables socialistes
(appâts du gain et du luxe). Au delà d’un certain niveau , on ne peut plus dissocier morale personnelle et morale politique : on est dans l’affairisme .
- dans une idéologie qui a abandonné toute notion de morale économique ou sociale élémentaire . Quid de certaines dénationalisations excessives , notamment dans le secteur de l’énergie, qui ne permettent plus à l’ Etat – me semble-t-il – de prendre les orientations stratégiques . Quid de la financiarisation à outrance , des profits excessifs ?
- dans l’attitude du PS , fatigante à la longue car elle n’est qu’aboiements contre le Prince , pour la lutte du pouvoir .
Rien d’étonnant à ce que nombre d’adhérents socialistes se tournent alors vers des extrêmes ainsi que ceux qui sont déçus par une Droite au pouvoir pour le moins ambigüe et « agitée » .
La faute à quoi ? : – à un projet d’Europe , certes fondamental , mais cheval de Troie du capitalisme prédateur .
– à une mondialisation ,inévitable mais perverse sur le plan de la morale du travail (exploitation de la pauvreté , travail des enfants , etc…) , perverse sur le plan écologique (gaspillage des ressources , transports inutiles) , perverse dans l’imposition d’un modèle capitaliste à des pays émergents .
….Des questions que le PS , trop soumis aux réalités économiques , n’aborde pas .