Revue de réflexion du Parti Socialiste

 
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Afghanistan : après l’échec, quelle issue ?

Karim Pakzad est coordinateur du Secteur international du Parti socialiste et chercheur associé à l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques (IRIS)

La dégradation de la situation en Afghanistan se poursuit, notamment depuis 2003, l’année où l’Organisation de l’Alliance de l’Atlantique Nord (OTAN) a pris le commandement des Forces Internationales d’Assistance à la Sécurité (FIAS). Même si on est  habitué à observer que chaque année se termine de manière plus meurtrière que l’année précédente pour la coalition internationale, pour les soldats et policiers afghans et pour la population civile, force est de constater que l’année 2009 se distingue des années précédentes sur plusieurs points : l’impasse militaire, l’impasse politique et l’annonce d’une nouvelle stratégie américaine par le président Obama, le 1er décembre 2009.

Au cours de l’année 2009, on a d’abord assisté à une dégradation inquiétante de la situation militaire. Alors qu’en 2008 les Etats-Unis et l’OTAN ont perdu près de 300 soldats, en augmentation de 40% sur l’année précédente, le nombre des soldats étrangers morts en 2009 s’élève à près de 500 dépassant largement le nombre des soldats tués en Irak. Les vastes opérations militaires au sol, lancées en juillet 2009 par l’arme américaine dans la province du Helmand et par les soldats britanniques dans la province du Kandahar, les deux bastions des Talibans dans le Sud, n’ont abouti sur aucun succès significatif. Ces deux offensives se démarquent cependant des précédentes actions militaires par l’absence des bombardements aériens en appui aux soldats engagés dans des opérations au sol. Il s’agissait du début de l’application du plan défini par Stanley McChrystal, commandant en chef de la force internationale en Afghanistan, de limiter au maximum le recours à l’aviation pour éviter les pertes civiles. Le général McChrystal est l’auteur de la fameuse formule selon laquelle en Afghanistan 10-2=20 et non 8, car selon les traditions des Pachtounes si l’un des membres de la tribu est tué par l’étranger, ses frères et ses cousins doivent absolument le venger. D’où, l’existence d’un réservoir inépuisable des combattants chez les Talibans.

Cette stratégie préconisée par McChrystal a vite démontré ses limites dans une guerre asymétrique que les Afghans ont pratiquée avec succès contre l’empire britannique de l’Inde au XIXe et au début du XXe siècles et contre l’empire soviétique dans la seconde moitié du XXe siècle. Le 5 septembre 2009, des avions de l’OTAN ont tiré, à la demande du commandement allemand stationné dans le Nord du pays, sur deux camions-citernes détournés par les Talibans, près de la ville de Kunduz en tuant près d’une centaine de villageois dont de nombreux enfants. Cette « bavure » a mis en évidence le fait que les Talibans ont gagné du terrain en 2009 dans les poches pachtounes des provinces, jusqu’à récemment encore considérées calmes (Kunduz, Baghlan, Balkh … ) du Nord et du Nord-Ouest. Dans l’Est du pays, les troupes américaines ont dû battre en retraite et abandonner certaines de leurs positions dans la vallée du Nuristan.

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