Revue de réflexion du Parti Socialiste

 
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Pouvoir régional : de nouveaux défis

Favoriser les politiques interterritoriales

Même si le découpage territorial semble artificiel, ici et là, l’existence, depuis le milieu des années 1970, de liens entre les acteurs à cette échelle fabrique des habitudes de travail, du « vivre ensemble » qui renforce la présence de la région dans l’espace vécu des habitants. Pour le géographe, il n’y a pas de découpage idéal, vertueux, les espaces d’action publique seront toujours en décalage par rapport aux mutations démographiques, économiques, sociales, environnementales et culturelles des territoires ! L’enjeu ne consiste pas à redécouper tous les cinq ans les communes, intercommunalités, départements ou régions, mais à favoriser des politiques publiques qui reposent sur l’articulation et la coordination des échelles d’action publique afin de mieux répondre aux enjeux économiques et sociaux, environnementaux ou de transports.

Ensuite, les mutations spatiales incitent les acteurs territoriaux à aborder, de façon nouvelle les enjeux d’aménagement du territoire. Liées aux mutations des modes de production, aux mutations sociales dans les temps de vie, les nouvelles réalités géographiques sont caractérisées par des mobilités croissantes mais inégales, sur des espaces de plus en plus interreliés. Les logiques de concentration spatiale s’accompagnent d’un étalement urbain aux formes diverses et d’un processus de renouveau démographique dans les espaces ruraux de faible densité. Ont émergé, autour des pôles de forte concentration, de nouvelles formes de centralités structurées en réseaux. « Favorisées par les possibilités de déplacement, ces nouvelles formes d’urbanisation comme de ruralité que constituent aujourd’hui les territoires vécus renouvellent largement les défis posés à l’aménagement du territoire. Elles obligent à embrasser d’un même regard l’avenir de tous les territoires et à organiser leurs interrelations, sans opposer le rural à l’urbain, le littoral et la montagne, le centre et la périphérie, mais en promouvant les territoires intégrés et diversifiés[2] ».

Chaque région est extrêmement diversifiée et les différences entre territoires sont d’une grande amplitude ; les disparités interrégionales ont tendance à se réduire alors que les disparités infrarégionales s’accroissent. Ceci nécessite d’unifier des territoires homogènes et d’inventer de nouvelles solidarités territoriales qui relèvent d’un mixte entre l’urbain et le rural ; la question de la cohésion et de la solidarité territoriale est un enjeu important, quelle que soit la région. Par ailleurs, entre les aires métropolitaines, s’organise un réseau d’échanges qui fait émerger de nouveaux carrefours stratégiques, réseaux qui s’insèrent, de façon inégale, dans un maillage européen.

Ces mutations invitent les acteurs régionaux à articuler les échelles des projets, à deux niveaux en favorisant :

-       d’une part, les projets interterritoriaux, associant les politiques des communautés urbaines ou d’agglomérations avec celles des espaces périurbains et ruraux – les conseils régionaux pourraient organiser des conférences de l’intercommunalité pour favoriser ces projets. En Bourgogne, l’actuel volet territorial du contrat de projets Etat-Région favorise l’articulation entre les différentes échelles territoriales : le conseil régional encourage la signature de contrats dits de développement territorial, par un conventionnement unique et groupé entre pays, agglomérations et villes d’appui d’une même zone géographique ;

-       et, d’autre part, en développant des projets interrégionaux  – de transports pour la gestion des littoraux avec les régions Bretagne, Pays-de-le-Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine par exemple, pour les enjeux environnementaux. Après la révolution silencieuse de l’intercommunalité (1999 – 2008), il faut engager un effort significatif sur l’inter-régionalité, pour mieux répondre aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et culturels auxquels sont confrontés les régions. Derrière toutes ces questions, c’est le besoin d’organisation d’une gouvernance interterritoriale qui s’exprime, nécessitant une plus grande articulation des échelles et surtout des acteurs en capacité d’appréhender ces nouveaux enjeux d’aménagement des territoires.

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