Revue de réflexion du Parti Socialiste

 
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Charles Péguy: le socialisme, la morale et la politique

Vincent Duclert est historien, professeur agrégé à l’EHESS. Il a récemment écrit La gauche devant l’histoire. A la reconquête d’une conscience politique, Le Seuil, Paris,  2009.

On n’imagine guère le poète catholique, âme de la France de Jeanne d’Arc, résolu au sacrifice final devant l’ennemi allemand, comme s’inscrivant naturellement dans un dossier sur socialisme et morale. Mais Charles Péguy (1873-1914) eut plusieurs vies, et sa jeunesse se déroula dans la passion du socialisme, à la lumière d’un événement qui marqua toute sa courte existence, l’affaire Dreyfus.

Notre Jeunesse publiée en juillet en 1910 en réponse à la très désabusée Apologie pour notre passé de Daniel Halévy, rappela avec force ce socialisme pour lequel Péguy et ses amis avaient combattu au tournant du siècle : « il est évident qu’il était, qu’il faisait un assainissement de la nation et du peuple, un renforcement encore inconnu, une prospérité, une floraison, une fructification. [...] Nous avions déjà la certitude, que nous avons, que le peuple qui entrerait le premier dans cette voie, qui aurait cet honneur, qui aurait ce courage, et en un sens cette habilité, en recevrait une telle force, une telle prospérité organique et moléculaire, constitutionnelle, histologique, un tel renforcement, un tel accroissement, un tel assainissement de tous les ordres de sa force que non seulement il marcherait à la tête des peuples, mais qu’il n’aurait plus rien à redouter jamais, ni dans le présent ni dans l’avenir, ni de ses concurrents économiques, industriels, commerciaux, ni de ses concurrents militaires. »  En 1910 ce rêve d’un socialisme libérateur avait échoué. La nostalgie n’en était que plus prononcée.

De cet échec, Charles Péguy en faisait porter avec force la responsabilité sur Jean Jaurès. Du socialisme de Péguy en effet, on retient surtout son antijauressisme qui s’acheva dans une grande violence verbale à l’encontre du leader de la SFIO et de son pari de la paix alors que l’Europe marchait vers la guerre. Dans un récent numéro des Cahiers Jaurès, Géraldi Leroy, spécialiste de Péguy et bon connaisseur de Jaurès, a tenté un essai réussi de synthèse de l’histoire croisée des deux intellectuels, depuis leur rencontre pendant l’affaire Dreyfus jusqu’à leur mort tragique, à quelques semaines d’intervalle, au début de la Grande Guerre. Leur principal sujet d’accord, puis de désaccord, fut le socialisme. Il n’est pas certain qu’intellectuellement ils aient été si éloignés même si la question de la social-démocratie allemande et de sa capacité à s’opposer au bellicisme allemand s’imposa comme une divergence de fond. Mais les principales critiques de Péguy tenaient surtout à des choix plus politiques de Jaurès, comme le soutien au Bloc des Gauches (1902-1905) ou la décision de faire l’unité des socialistes (1905). Des choix qui n’engageaient pas nécessairement les principes premiers du socialisme jaurésien et qui ne faisaient pas automatiquement de Jaurès l’égal d’un Jules Guesde, figure de tout temps répulsive pour Péguy, incarnation de la trahison du socialisme par ses « chefs ». Avec Jaurès, ce fut différent. Péguy lui reprocha surtout d’avoir renoncé à ce qu’il avait été, un socialiste ayant défendu la démocratie, et avec succès comme l’attesta le combat dreyfusard. Un texte capital, publié dans les Cahiers de la Quinzaine le 19 novembre 1905, nous éclaire sur les vertus passées de Jaurès pour Péguy, c’est-à-dire sur la conception d’un socialisme démocratique. Selon Péguy encore, Jaurès regrettait son éloignement des temps fondateurs. Pour le directeur des Cahiers, Jaurès était venu, d’une certaine manière, le lui dire.

Dans « Courrier de Russie  », Charles Péguy raconta en effet sa dernière rencontre avec Jaurès, « pendant les quelques mois qu’il préparait ce journal qu’est devenu L’Humanité ». Péguy ne l’avait pas revu depuis qu’il était redevenu député, en mai 1902. Jaurès était venu à l’imprimerie le rencontrer. Il n’était pas là. Le lendemain, Péguy s’était rendu chez lui. Il avait trouvé « un tout autre homme. Vieilli, changé, on ne sait combien. Cette dernière entrevue fut sinistre. » Jaurès prononça quelques paroles de circonstances que Péguy jugea aussi sévèrement. « Je n’avais jamais rien vu ni personne d’aussi triste, d’aussi désolant, d’aussi désolé que cet optimisme professionnel ». Il ne voulut pas aborder les raisons profondes de sa démarche en se rendant à l’imprimerie. Péguy échoua à les lui faire dire. Il ne put que saisir un sentiment d’une profonde tristesse . La rencontre des deux intellectuels qui comptaient tant l’un pour l’autre fut un échec. Elle fut la dernière. Au pied de la statue de La Fayette, Péguy se souvint qu’il lui tendit une perche : « j’ai autour de moi, ou enfin il y a aux cahiers un certain nombre de jeunes que vous pourriez y faire entrer. Ils ne sont point célèbres. Ils ne courent point après la gloire. Mais ils sont sérieux. Et ils ont la vertu qui est devenue la plus rare dans les temps modernes : la fidélité. Ce n’est point par la fidélité que brillent ceux qui vous entourent ». Jaurès sembla ne pas comprendre, répondant seulement sur l’aspect technique, écartant la dimension intellectuelle qu’introduisait Péguy : « Vous savez bien ce que c’est ! J’ai mon personnel plein avant de commencer. Il est plus facile d’avoir des collaborateurs que de trouver des commanditaires ! »

Ce que Péguy voulut alors retenir de cette dernière rencontre, ce fut la mélancolie de Jaurès, sa conscience « de quitter à jamais un pays où il avait eu quelque bonheur, et quelque tranquillité de conscience, avant d’entrer dans les marais de la politique, dans les marécages, dans les plaines saumâtres, un dernier regard, une santé dernière, un dernier voyage aux anciens pays de la véritable amitié. »  Pour Péguy, Jaurès avait été dans ce passé « un Jaurès des brumes claires et dorées des commencements de l’automne ». Sachant qu’il allait quitter ce monde, il venait revoir une dernière fois celui qui en avait avec lui le témoin et l’acteur, et qui allait le juger sans complaisance, en tant que citoyen. Le mot revint aussi bien pour définir la position présente de Péguy  que pour rappeler le socialiste qu’avait été Jaurès. « Pour la dernière fois il quittait la vie libre, la vie honnête, la vie de plein air du simple citoyen : pour la dernière fois, et irrévocablement, il allait plonger, faire le plongeon dans la politique. Il était frappé d’une grande tristesse. Il assistait à sa propre déchéance. Et comme il est naturellement éloquent, dans son cœur il se plaignait fort éloquemment. »  Péguy voyait un renoncement dans cette évolution. La mélancolie des anciens socialistes dreyfusards ne pouvait être alors que très profonde. « Il est certain que ces deux hommes, Herr et Jaurès, ne doivent point considérer sans une grande mélancolie ce qu’ils ont fait de leur puissance et de leur autorité morale. Ils avaient autour d’eux un peuple de citoyens. Ils ont derrière eux une escouade maigre de petits journalistes candidats surambitieux ».

Afin de juger Jaurès et son évolution comme socialiste, Charles Péguy s’était donné une référence absolue à travers un événement fondateur, l’affaire Dreyfus. Dans ses articles de La Revue blanche de l’été 1899, il analysa l’événement comme un révélateur de la crise du socialisme mais aussi comme la révélation de ses principes les plus hauts. « L’affaire Dreyfus, qui a pris une telle place dans l’histoire du monde, qui aura dans l’histoire de l’humanité, au moins la valeur morale d’une guerre et sans doute la valeur morale d’une révolution même, a déterminé parmi les socialistes français, une crise intérieure très grave, à conséquences lointaines. [...] On peut dire que si l’affaire Dreyfus n’avait pas éclaté, le socialisme français pouvait continuer à traîner une existence invertébrée. Un assez grand nombre d’hommes, qui avaient et qui ont sur la vie des idées à peu près opposées, auraient continué à voisiner ensemble sous la commodité des mêmes formules. Mais l’affaire Dreyfus mit les hommes de toutes les formules, et même ceux qui n’avaient aucune formule, en face d’une réalité critique. »  En ce sens, toute réflexion sur l’événement, toute recherche sur son histoire contribuaient à en ranimer l’importance. En ce sens aussi, la mémoire de l’affaire Dreyfus ne cesse de prend figure d’exemple pour les socialistes et la gauche entière . Outre que la connaissance de son histoire apparaît comme un devoir politique, l’événement rappelle opportunément qu’il est possible de surmonter un traumatisme à la fois national et doctrinaire par le choix de la vérité et du courage. Dans un texte de 1898 écrit au lendemain de la condamnation d’Emile Zola le 23 février et jamais publié du vivant de Charles Péguy, celui-ci dégageait, contre la majorité des socialistes, le devoir présent de la minorité qu’il voulait collectivement incarner : « nous donnerons au peuple un autre enseignement que l’enseignement de haine ou de lâcheté ; nous ne serons jamais [...] les courtisans de la foule, mais nous irons droit au vrai peuple et nous lui enseignerons que les socialistes doivent toujours marcher pour l’entier recouvrement de la justice [...]  ».

L’affaire Dreyfus était, pour Charles Péguy, un événement sans équivalent. Pour cette raison, elle intéressait fondamentalement la construction de la « cité socialiste » à laquelle le jeune écrivain et militant dreyfusard consacrait toute son énergie depuis l’un de ses premiers articles, dans la Revue socialiste, le 15 août 1897. La lutte contre la violence nationaliste et la défense des valeurs de justice et de liberté se doublaient d’une exigence de vérité pour le socialisme lui-même. Sous l’influence de Lucien Herr et de Charles Andler, deux maîtres à penser du socialisme normalien, Charles Péguy avait adhéré au groupe des étudiants collectivistes alors qu’il était encore élève à la rue d’Ulm. En 1897, il avait même débuté une brève collaboration à la Revue socialiste. Son engagement très précoce dans l’Affaire se concrétisa par son action en faveur des premières pétitions des intellectuels lancées le 14 janvier 1898 – le lendemain de « J’accuse… ! » -, par les batailles de rue qu’il conduisit avec la Ligue démocratique des écoles contre les bandes nationalistes, et par les articles définitifs qu’il publia alors dans la Revue blanche. Déclarant le 21 janvier 1898 vouloir « marcher droit », rejetant les parlementaires « soi-disant socialistes » qui ne voulaient pas s’engager pour Dreyfus, s’engageant à « sauver d’eux l’idéal socialiste », il dressa à plusieurs reprises l’acte d’accusation des « autoritaires, des chefs, de Vaillant, de Lafargue et de Guesde » : « Les chefs n’ont pas voulu que le socialisme français défendît les droits de l’homme et du citoyen, parce que l’homme était un bourgeois, défendu par des bourgeois [...] : il ne fallait pas se mêler aux bourgeois courageux, aux bourgeois justes, aux bourgeois humains ; les chefs n’ont pas voulu que le socialisme français défendît les droits de la personne humaine, parce que la personne était celle d’un bourgeois. [...] Aussi qu’est-il arrivé ? Ce qui devait arriver. Pour n’avoir pas défendu les droits de l’homme, les chefs, qui se croyaient socialistes, ont défendu les bourgeois qui violaient ces droits. [...] Telle est sur ces trois hommes la redoutable vérité : ils ont choisi le moment décisif pour trahir leur parti, et, ce qui est beaucoup plus grave, pour trahir l’humanité. »

Dans ses trois articles de l’été 1899 dans la Revue blanche, Charles Péguy constata la « crise du parti socialiste ». Instruisant le procès du dogmatisme, il souligne l’impossibilité présente du socialisme de fonder une politique de la justice qu’il se devait pourtant, afin de rester fidèle à son inspiration démocratique et sa fraternité humaine. Seul l’engagement dreyfusiste avait permis de faire émerger cette vérité, et de ramener les socialistes dans la voie d’une tradition : « ils avaient seulement en eux, avec cette passion de la vérité, avec cette passion de la justice, un certain nombre d’autres sentiments vénérables qui ne sont pas inventés d’aujourd’hui : le courage, la bonté, la simple humanité  ».  Le fossé s’élargit encore davantage avec les organisations socialistes lorsque ces dernières décident, au congrès de 1899, de contrôler la presse du mouvement. Péguy refuse ce qu’il considère comme « une tentative d’établissement d’une vérité officielle échappant à la contestation et par là comme une négation de l’essence du combat dreyfusiste  ». Il accélère alors le lancement des Cahiers de la Quinzaine dont le premier numéro voit le jour le 5 janvier 1900. La revue va se révéler une expérience de connaissance autant que de militance. Péguy y affirme sa conviction intacte d’un socialisme romantique et idéal, intransigeant avec la vérité, défendant la liberté contre l’Etat et la justice contre la politique. Resté toujours minoritaire, ce courant critique et libéral qu’incarna Charles Péguy – mais aussi à leur manière Lucien Herr, Charles Andler ou même à sa façon Bernard Lazare – permit cependant au socialisme français de ne pas « continuer à traîner une existence invertébrée » et d’affronter, à certains moments, les défis de l’histoire.

Cette mise en demeure de se déprendre de l’idéologie – qui avait conduit les chefs socialistes à s’abstenir dans l’affaire Dreyfus – et d’affronter toute l’histoire – qui caractérisa les socialistes dreyfusards  -, Charles Péguy ne l’avait pas en 1898. L’un de ses premiers articles de la Revue socialiste, qui étaient aussi ses premiers écrits alors qu’il n’avait que vingt-quatre ans, portaient sur « les affaires d’Orient ». Il s’agissait d’un commentaire libre sur l’ouvrage de l’historien Victor Bérard, La Politique du sultan , ayant entraîné, entre 1894 et 1896, le massacre dans l’empire ottoman de trois cent mille arméniens par l’armée d’Abdul-Hamit II . Devant « la conspiration du silence » qui s’installa en France, alors que « le gouvernement tint le pays dans l’ignorance ou faussa les nouvelles », Charles Péguy avait défini le devoir des socialistes : « ils feront voir que de tels massacres, et les guerres qui s’ensuivent, sont non seulement possibles et probables, mais nécessaires selon le régime individualiste, à cause de la concurrence internationale, encore plus âpre s’il se peut et plus mauvaise que la concurrence interindividuelle ». Il ajouta qu’il fallait « dire la vérité » aux Français, les détromper sur l’alliance avec la Russie, une alliance responsable de l’inaction de la France dans les « affaires d’Orient » mais qui faussait sa vocation à la justice. En dépit du « discours formidable  » de Jean Jaurès à la Chambre dénonçant le 3 novembre 1896, en compagnie du catholique Denys Cochin, les complicités françaises et la responsabilité du monde civilisé, « il n’en fut rien  » et les Arméniens furent massacrés, écrivit Charles Péguy. Il parlait en 1899, au début de la deuxième partie de « L’Affaire Dreyfus et la crise du parti socialiste », et il rapprochait les deux événements, le renoncement français devant les grands massacres et l’avènement d’une « catholicité de la justice  ». L’un et l’autre étaient indissolublement liés. La faillite de la conscience humaine en 1896 avait préparé l’éveil d’une « opinion publique universelle » en 1898. Jaurès faisait le lien entre les deux événements et Péguy le disait.

Alors que l’affaire Dreyfus n’avait pas encore publiquement éclaté et que les « affaires d’Orient » et autres scandales du temps nourrissaient sa réflexion, Charles Péguy avait défini la mission du socialisme. Au-delà du contenu propre de la « cité socialiste », l’idéal tracé définit le socialisme à travers l’idée d’une utopie nécessaire qui retrouvât les valeurs du monde civilisé et les principes premiers de démocratie. L’usage du terme « cité » n’était du reste pas anodin, de la même manière qu’en 1905 il utilisa le terme « citoyen » pour dépeindre le socialiste authentique qu’avait été Jean Jaurès. Et il souligna combien la liberté s’attachait à la solidarité. « [Le socialisme] établira entre et pour tous les citoyens une fraternité, une solidarité réelle et vivante ; une justice, une égalité réelle et vivante ; une liberté réelle, au lieu d’une fraternité fictive ; d’une justice fictive ; d’une liberté fictive. Il amortira autant que possible les à-coups individuels. Dans la société présente on laisse les malheurs individuels tomber de tout leur poids sur ceux des citoyens qui se trouvent au droit, et qui souvent en sont écrasés. »

On lit rarement l’œuvre de Charles Péguy comme celle d’un socialiste. Et si on considère son socialisme, on le réduit généralement à sa querelle avec Jaurès qui n’est pas vu, de surcroît, à son avantage. La récupération du nationalisme contre le leader de la SFIO peut même apparaître comme une faute définitive de Charles Péguy. Pourtant, comme nous l’avons montré, il existe une pensée du socialisme chez Charles Péguy qui s’inscrit dans la longue tradition intellectuelle de construction d’une social-démocratie en France. Un projet, on le sait, jamais réalisé et dont l’échec ne cesse de peser sur la gauche française. Ses efforts récurrents de redéfinition seraient même toujours voués à l’échec puisque cette histoire est, au mieux minorée au pire ignorée. Péguy va plus loin que de simples déclarations de principes puisqu’il donne une réalité à cette ambition. Le fait que cette définition théorique ait été forgée dans un double combat historique, dont l’issue fut négative pour le premier – les grands massacres arméniens -, victorieuse pour le second – l’affaire Dreyfus -, donne un prix singulier à ce socialisme d’essence démocratique. Certes, comme le remarquera Raymond Aron par la suite, « il n’y a pas tous les jours une affaire Dreyfus qui autorise à invoquer la vérité contre l’erreur  ». Il reste néanmoins que le monde est fréquemment empli de grands massacres, et même de génocides très contemporains (Rwanda 1994). Il reste surtout que l’histoire est une expérience permanente pour les socialistes : elle les ramène vers des choix éthiques qui posent, au-delà de leur attachement à la République, la question de leur rapport à la liberté, à la justice et à la vérité. C’est-à-dire la démocratie. On comprend pourquoi nombre de socialistes se sont défiés de l’histoire et ont préféré le confort d’une vulgate marxiste. Mais l’enseignement du socialisme de Charles Péguy ne vaut pas seulement pour le passé. En interrogeant le présent, il conditionne l’avenir.

Vincent Duclert

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