Jean Baubérot est Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie des laïcités » à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, auteur notamment des « Que sais-je ? » aux PUF, Histoire de la laïcité en France (5ème édition 2010) et Les laïcités dans le monde (2ème édition 2009).
La question de la morale laïque est souvent escamotée aujourd’hui. Pour certains cette expression fleure bon la Troisième République, avec sa petite phrase de morale que l’écolier écrivait pieusement chaque matin.[1] La laïcité serait, aujourd’hui, uniquement un ensemble de règles juridiques. Le pluralisme moral constituerait la base même de la démocratie, en France comme dans d’autres pays. L’enseignant, devant respecter la diversité convictionnelle de ses élèves devrait donc s’abstenir d’aborder le sujet. Mais sortie par la porte, la morale laïque rentre par la fenêtre et des expressions de « règles du vivre-ensemble » ou « d’éducation à la citoyenneté » sont, en fait, une manière indirecte d’en parler. Il n’est pas inutile d’aborder directement cette question et d’indiquer quelques défis d’aujourd’hui.
[1] Plusieurs ouvrages, dont mon La morale laïque contre l’Ordre moral, Seuil, Paris, 1997, et aussi L. Loeffel, La question du fondement de la morale laïque, PUF, Paris, 2000, ainsi que A.-C. Husser et alii, Les sources de la morale laïque, héritages croisés, ENS éditions, Paris, 2009, montrent que la morale laïque a comporté une toute autre dimension.
Morale laïque et morales convictionnelles
Chacun se souvient des déclarations tonitruantes de Nicolas Sarkozy, quand il a été intronisé chanoine d’honneur du Latran, en décembre 2007. Le Président français avait choqué une grande partie de nos compatriotes en affirmant : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. » Et un peu avant le Président avait déclaré : « s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. » Il serait, naturellement, fort intéressant de reprendre, terme à terme, ces affirmations, ainsi d’ailleurs que le reste de son discours pour en démonter l’orientation idéologique, et les contrevérités historiques et philosophiques. Ayant déjà effectué ce travail dans un ouvrage[1], je me bornerai ici à relever l’incongruité globale du propos pour mieux clarifier, par contraste, le rapport actuel de la morale laïque aux morales religieuses et/ou convictionnelles.
Deux structures argumentatives forment le soubassement de la prise de position présidentielle : d’une part il existe deux morales (« la morale laïque » et la « morale religieuse »), mises sur le même plan ; d’autre part, la « morale religieuse » constitue le modèle à suivre pour la « morale laïque ». Ce modèle est aussi son horizon inatteignable : la morale laïque de « l’instituteur » pourra (et doit) « se rapprocher » de la morale religieuse, mais elle ne saura jamais aussi bien « transmettre des valeurs ». Cela dans le contexte d’une vision intemporelle du « bien » et du « mal ». Il faut donc d’abord souligner l’asymétrie structurelle qui existe entre la morale laïque et les morales convictionnelles[2]. Le singulier s’impose pour désigner la première et le pluriel pour les secondes. En effet, nous ne sommes plus au Moyen-Age, avec la fameuse distinction entre « pouvoir temporel » et « pouvoir spirituel ». Dés la fin du XVIIe, John Locke, le premier grand théoricien de la séparation Etat-Eglises, indique que, contrairement à l’Etat qui comporte un aspect coercitif, l’Eglise doit être une association « volontaire », où on entre et dont on sort librement ce qui la rend forcément plurielle.[3] La nature et la fonction d’une morale laïque et de morales convictionnelles sont donc différentes. La morale laïque n’est évidemment pas la morale des « sans religion », elle est la morale partagée de toute société dont le lien social ne comporte aucune dimension religieuse obligatoire[4]. Elle doit donc rester neutre face aux « transcendances » et son lien avec la « contingence historique » qui semble la fragiliser constitue en fait sa force, car il lui permet de changer plus facilement que des morales convictionnelles. « Une morale laïque, écrit le philosophe belge Guy Haarscher, [doit permettre] à des individus qui pensent différemment à propos du sens ultime de la vie [et de bien d’autres choses encore J. B.] de se rassembler dans une communauté de citoyens.» Il faut donc soigneusement éviter le danger de « l’arrimage de la laïcité à une tradition particulière, se prétendant universelle, comme l’athéisme (…) ou à l’inverse la sainte alliance des confessions. » [5] La morale laïque, les valeurs, les principes partagés ne peuvent donc impliquer un système moral qui serait complet. Seules des sociétés à tendance totalitaires (qu’il s’agisse de théocratie ou d’athéisme d’Etat) ont tenté de faire croire qu’une morale publique devait et pouvait répondre à toutes les aspirations des humains. La « morale de l’instituteur » ne peut donc en aucun cas être mise sur le même plan que celle du « curé », du « pasteur » (du rabbin, de l’imam, du franc-maçon, de l’humaniste,…). Elle ne doit pas lui être comparée, car elle n’est pas comparable : vu son rôle, il est heureux pour la démocratie qu’il lui manque « la radicalité du sacrifice » et le « charisme d’un engagement » (pour reprendre les propos sarkoziens).
Une morale suppose toujours un maître de morale. C’est pourquoi la morale laïque assume d’être une morale trouée. « La révolution démocratique moderne », écrit Claude Lefort, suppose une « mutation : point de pouvoir lié à un corps. Le pouvoir apparaît comme un lieu vide et ceux qui l’exercent comme de simples mortels. »[6] Et Myriam Revault d’Allonnes renchérit : « ils ne sont que dépositaires de l’autorité publique » et « ne s’investit pas en eux la Loi – celle de Dieu ou celle de la Nature -, ils ne détiennent pas le savoir dernier de l’ordre du monde et de l’ordre social. »[7] C’est pourquoi la morale laïque, morale horizontale et fondement éthique du lien politique, comporte l’exigence de laisser librement s’exprimer des morales d’un autre ordre, des morales convictionnelles (verticales, même quand leur contenu n’est pas « religieux ») et de respecter leur choix fondamentaux, à partir du moment où ils ne portent pas atteintes aux droits d’autrui. Cela même quand ces morales prônent des valeurs divergentes des valeurs majoritaires, et qui peuvent heurter certains. Prenons l’exemple de l’Interruption volontaire de grossesse. Une vision laïque de la morale a été au fondement du combat des femmes, relayé politiquement par Simone Veil, pour donner aux femmes une liberté – responsabilité en la matière. Ceci indiqué, un prêcheur a tout à fait le droit de dire que l’avortement est un « meurtre », un philosophe ou un essayiste peuvent écrire quelque chose de similaire ; un soignant qui partagerait leur opinion morale peut même légalement faire objection de conscience et refuser de pratiquer un acte d’avortement. Tout cela fait partie des droits des morales convictionnelles, si désagréable que ce soit pour d’autres personnes. En revanche, la séparation des normes morales de certaines religions et de la loi, a constitué un progrès dans la laïcisation de la morale publique et, naturellement, les opposants à l’avortement commettent un délit s’ils gênent, par des dégradations ou d’autres manières de faire, la liberté de pouvoir avorter. Les morales convictionnelles sont « sans obligation ni sanction », pour reprendre l’expression de Bergson. Toute volonté hégémonique de l’une d’entre elles serait du cléricalisme et devrait être dénoncée comme tel. A ce sujet, on peut d’ailleurs s’interroger sur le blocage de la laïcisation des mœurs depuis le retour de la droite au pouvoir en 2002. Rappelons que, chez nos voisins belges, par exemple, le mariage homosexuel et l’euthanasie sont légalisés.
L’expression des convictions fait partie de la dynamique de la société civile. Aucune Eglise ni autre groupement convictionnel ne peut surplomber cette société, mais la laïcité induit que tous peuvent participer à ses libres débats, notamment éthiques. Les républicains, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe ont, dans un même mouvement, créé la morale laïque et voté la liberté de la presse, de réunion, de colportage, syndicale, d’association et séparé Eglises et Etat. Cet ensemble est cohérent. François Mitterrand a porté une nouvelle pierre en donnant le droit aux étrangers d’être responsables d’associations et en créant le Conseil Consultatif National d’Ethique, où des représentants des grandes « sensibilités spirituelles » (du catholicisme à l’humanisme séculier, en passant par des minorités religieuses) débattent avec d’autres personnalités issues de la société civile. Ainsi les morales convictionnelles peuvent participer à la réflexion dynamique de la morale laïque, sans jamais imposer un point de vue particulier. Insister sur les « racines essentiellement chrétiennes de la France », au contraire, nous tourne d’abord vers le passé, et ensuite privilégie une famille de pensée de façon indue.
La morale laïque comme morale partagée
La morale laïque se fonde sur un certain nombre de principes qui ont souvent valeur constitutionnelle et elle tente de les faire vivre dans la société, en tenant compte du contexte. En France, ces fondements ont d’abord été inscrits dans la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » (1789). Ensuite, ils ont été actualisés et complétés par l’ajout de « principes particulièrement nécessaires à notre temps », dans le Préambule des Constitutions de 1946 et de 1958. Au Canada, il s’agira de la « Charte des droits et libertés », adoptée en 1982, qui a valeur constitutionnelle. Etc.
J’ai utilisé l’expression de « morale partagée » alors que, le plus souvent, on parle de « morale commune » ou de « valeurs communes ». Je le fais pour attirer l’attention sur un aspect dialectique de la morale laïque. Dans la morale partagée, il existe du consensus et du dissensus. Du consensus, car il s’agit effectivement de ce qui doit être « commun » à tous les habitants d’un pays, et qui, si cela était toujours et partout respecté, formerait la « société idéale » dont Durkheim indique qu’elle fait partie de la « société réelle » : « Une société n’est pas seulement constitué par la masse des individus qui la compose, par le sol qu’ils occupent, par les choses dont ils se servent, par les mouvements qu’ils accomplissent, écrit le fondateur de la sociologie en France, mais avant tout par l’idée qu’elle se fait d’elle-même. »[8] Cette « idée » est une force sociale dans la mesure où elle, et elle seule, légitime les combats (souvent longs, difficiles, aux réussites partielles) menés pour la concrétiser hic et nunc. Prenons un exemple très actuel : le Préambule de la Constitution indique que « la loi garantit à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux de l’homme ». Voilà un élément de la « société idéale » française de ces dernières décennies, qui longtemps n’en a nullement fait partie. Sous la Révolution française, Olympe de Gouges l’a appris à ses dépens. Auteure de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »[9], elle y avait écrit : « Une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir le droit de monter à la tribune ». On lui refusa effectivement la tribune, mais on lui imposa l’échafaud et elle fut guillotinée. Pendant un siècle (1848-1944), le « suffrage universel » fut en fait exclusivement masculin[10], et les luttes de certaines femmes pour obtenir le droit de vote ne reçurent que fort tardivement une légitimité républicaine. La morale laïque de la Troisième République joue d’ailleurs sur l’ambivalence du mot « homme » (être humain/être masculin) pour masquer la question de l’égalité homme-femme, alors même qu’elle mettait au premier plan la « dignité » de l’être humain.[11]
On n’en est heureusement plus là aujourd’hui. Mais cela signifie que le changement possible de représentation constitue une caractéristique structurelle de la morale laïque. Et, sur ce point comme sur d’autres, ce changement est advenu grâce à des opinions qui, au départ, furent très minoritaires et socialement considérées comme fort peu légitimes. L’évidence sociale était de réserver le politique aux hommes. La laïcité doit d’ailleurs être capable de porter un regard critique sur elle-même. Le stéréotype de la « femme soumise au cléricalisme » a constitué longtemps un alibi pour refuser la pleine citoyenneté aux femmes.[12] Et la sociabilité laïque, essentiellement masculine pendant de nombreuses décennies, a contribué au retard français en matière de responsabilités politiques confiées aux femmes. La leçon doit être retenue et un partisan de la morale laïque doit savoir se projeter dans l’avenir (et non se préoccuper perpétuellement des « racines » !). L’interrogation essentielle est : comment nos valeurs morales, les priorités que nous donnons à certains combats éthiques par rapport à d’autres, l’application (souvent différencié) que nous en faisons,… sera jugée dans un siècle ? Reprocher à Jules Ferry d’avoir été colonialiste, selon les « idées de son temps » (par exemple), ne sert qu’à se donner bonne conscience si nous ne savons pas, nous même, nous poser des questions sur les évidences communes et faire preuve d’inventivité par rapport aux idées morales établies. Bien sûr l’inventivité morale s’effectue à ses risques et périls. Personne n’est infaillible en la matière. Le dissensus est nécessaire. La différence d’interprétation des principes communs[13], le débat sans concession, mais sans « terrorisme intellectuel » de bas étage (souvent, d’ailleurs, manifestant un anti intellectualisme primaire), la prise en compte de démarches de connaissance (sciences sociales comme autres sciences)[14] sont essentiels à la morale laïque. Faute de cela, elle se sacralise et transforme ses principes en « dogmes » de « religion civile », selon la perspective (et les formules) de Jean-Jacques Rousseau. Ce dernier, à la fin du Contrat social « convertit le lien politique en lien à forme religieuse (…) colmatant ainsi le vide que, au contraire, une théorie de la laïcité se garde bien de remplir et dont elle s’efforce de laisser la vacance visible. »[15]
Le sociologue Robert Bellah[16] explique que la religion civile peut prendre deux formes : soit la référence à un Dieu déconfessionnalisé, qui donne une légitimation transcendante au lien politique (et tente ainsi de clore le débat), soit une sacralisation de la République, et de ses valeurs, par elle-même, transcendance séculière qui joue un rôle tout à fait analogue à la forme plus explicitement religieuse de religion civile. Cette première forme est typique de la religion civile américaine, la seconde, en revanche, taraude la République française, comme Olivier Ihl l’a bien montré.[17] Elle se fonde sur une approche idéologique de l’émancipation, où certains s’estiment déjà émancipés, libérés, et veulent imposer aux autres leur itinéraire émancipateur. Cela revient à s’ériger en maître de morale, et donc adopter une démarche convictionnelle, légitime à ce niveau, mais qui transforme la laïcité en religion civile, quand elle prétend relever de la morale laïque. La réflexivité nécessaire de la morale laïque induit un « républicanisme critique », pour reprendre l’expression de Cécile Laborde qui lutte contre toute forme de « domination » [18]. Et cette démarche n’est jamais achevée puisqu’elle accompagne les changements sociaux et que les dominations d’hier ne sont pas nécessairement les plus puissantes aujourd’hui et ne le seront nécessairement pas demain. La morale laïque est une morale en situation, donc en mouvement. Bref, loin de constituer une nostalgie du passé républicain, la morale laïque est projet d’avenir. Elle a, à ce titre, de beaux jours devant elle.
[1] J. Baubérot, La laïcité expliquée à Nicolas Sarkozy… et à ceux qui écrivent ses discours, Paris, Albin Michel, 2008.
[2] On sait que les documents internationaux comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales parlent de « religion et conviction ». Comme une conviction peut être elle-même religieuse ou irréligieuse, j’utiliserai désormais le terme de « conviction » dans un sens englobant.
[3] M. Cranston, in Horton J. – Mendus S. (ed.), John Locke. A Letter Concerning Toleration in Focus, London – New York, Routledge, 2004, 82s. insiste avec justesse sur cet aspect.
[4] En ce sens, cette morale laïque (ou secular) existe tendanciellement dans toute démocratie, même celles qui continuent à symboliser leur identité nationale par une religion officielle. Pour prendre un exemple, en Norvège, la Cour Suprême a indiqué, en 1983, que l’Etat étant l’Etat de tous les citoyens, sa législation, quant aux mœurs, pouvait se trouver en désaccord avec les normes morales de l’Eglise nationale : cf. I. Thorson Plesner, 2008, Freedom of religion and belief – a quest for state neutrality? University of Oslo, Oslo,100.
[5] G. Haarscher, La laïcité, PUF, , Paris, 3ème édit 2004.
[6] C. Lefort, Essais sur le politique, Le Seuil, Paris, 1986, 29.
[7] M. Revault d’Allonnes, Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Seuil, Paris, 2010, 19.
[8] E. Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912), PUF, Paris, réédité, 2008. Le « avant tout » ne doit pas être interprété dans une perspective idéaliste : il ne s’agit pas, en effet, d’un propos qui impliquerait une représentation globale de la société. Durkheim veut indiquer un paramètre qui s’avère dominant dans un fonctionnement social précis : celui par lequel un ensemble d’individus ne sont pas juxtaposés les uns les autres, mais forment une société.
[9] Réédité en 2003, Mille et Une Nuit, Paris.
[10] Ce différentiel d’un siècle entre le vote des hommes et le vote des femmes est le plus important des sociétés démocratiques. En général l’écart fut d’une génération (30 à 40 ans) et non d’un siècle comme en France.
[11] Cf. J. Baubérot, la morale laïque...
[12] J. Baubérot, L’intégrisme républicain contre la laïcité, L’Aube, La Tour d’Aigues, 2006.
[13] Pour en finir avec l’exemple de l’égalité homme-femme, on peut rappeler le dissensus qui a précédé l’adoption de la loi sur la parité. Il est heureux que l’opposition à la loi se soit librement exprimée, même si les prédictions de certaines opposantes (E. Badinter estimait que la loi entraînerait la « sinistre cohabitation de ghettos » et, in fine, le « communautarisme ». Cf. son article in Le Nouvel Observateur, 23-29/1/1997) ne se sont pas réalisées et que la loi n’a constitué qu’une étape.
[14] On constate trop souvent, dans notre pays, y compris parmi des laïques, une attitude face aux sciences sociales qui n’est pas sans analogie avec celle des créationnistes par rapport à la théorie de l’évolution.
[15] C. Kintzler, Qu’est-ce que la laïcité ?, Vrin, Paris, 2007.
[16] R. N. Bellah, “Religion and the Legitimation of the American Republic”, in R. N. Bellah – Ph E. Hammond, Varieties of Civil Religion, Harper and Row, San Francisco, 1980.
[17] O. Ihl, La fête républicaine, Gallimard, Paris, 1996.
[18] C. Laborde, Français, encore un effort pour être républicains, Le Seuil, Paris, 2010.
Jean Baubérot


