Revue de réflexion du Parti Socialiste

 
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Droite à modeler : réflexions sur la « modernité » des grands partis conservateurs européens

Dans un certain nombre de grand pays européens, dont certains ont présidé à la fondation du projet européen, les partis conservateurs et démocrates-chrétiens sont récemment revenus sur le devant de la scène politique. Cette nouvelle vague bleue regroupe une extrême variété de partis qui évoque l’image d’une « mosaïque »[i]. Mais au-delà de cette hétérogénéité, ce que l’on retient surtout, c’est l’idée d’un nouveau cycle politique qui viendrait clore celui d’une « crise du conservatisme » que les commentateurs martelaient dans les années 1990 et qu’ils attribuaient à la façon dont les partis sociaux-démocrates avaient réussi, au lendemain de la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme, à absorber l’héritage néo-libéral jusqu’alors monopolisé par la droite. Que dire aujourd’hui de cette droite européenne, qui affiche sa puissance et son succès en France, en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni, mais qui subit aussi ses premières crises ? Sa victoire est-elle pérenne et pourrait-elle servir de modèle à une gauche en perte de vitesse, qui peine à reconquérir les clés du pouvoir ?

Professionnalisation et synthèse idéologique

Le succès relatif des grands partis conservateurs peut se lire à travers différents prismes qui font l’objet d’une littérature abondante. Tous convergent cependant autour du constat avoué ou implicite d’une meilleure adaptabilité des partis conservateurs aux transformations structurelles des sociétés européennes. Certains vont même jusqu’à parler « d’isomorphisme idéologique avec la société »[ii]. Le passage à une société post-industrielle, sécularisée et plus individualisée a produit les conditions favorables à cette adaptation, en permettant à ces partis de valoriser des principes traditionnels tout en intégrant des valeurs inédites, au sein desquelles l’individu conserve toujours une place de choix. La conversion au libéralisme culturel et l’intégration de valeurs dites « post-matérialistes », comme la défense de l’environnement, la participation des citoyens et l’égalité sociale se conjuguent avec une éthique de la responsabilité individuelle et de l’effort, dans une offre économique qui mêle parfois sans complexes les valeurs du marché et l’interventionnisme étatique.

A la différence des partis sociaux-démocrates qui tendent à afficher, pour de multiples raisons, un leadership fragile, divisé et affaibli, le rôle du leadership et les relations qu’il entretient avec les différentes composantes figure au cœur du dispositif de rénovation entamé par un grand nombre de partis conservateurs et démocrates-chrétiens. Renforcé par la thèse de plus en plus répandue d’une « personnalisation » du politique[iii], le rapport populiste au leader, dominé par un culte du statut et de l’image, a permis à ces organisations partisanes de se moderniser, de se professionnaliser, et de se fédérer malgré le déclin des soutiens militants. Dans cet esprit, le Partido Popular espagnol rénové et transformé, qui avait remporté les élections de 1996 puis de 2000, a fait figure de modèle. Qu’il s’agisse aujourd’hui de l’UMP de Nicolas Sarkozy, des nouveaux Tories britanniques[iv], de la CDU d’Angela Merkel ou du « Peuple de la liberté » de Silvio Berlusconi, le retour de la droite a pris l’aspect d’une vaste machine électorale et professionnalisée, dominée par la force centrifuge d’un leader souvent aguerri aux outils de la communication politique moderne qui lui donnent le contrôle de l’agenda médiatique. Egalement à la tête du groupe Mediaset, Silvio Belusconi a ainsi accéléré la mise en place extensive d’outils de marketing et de publicité à destination de l’électeur-consommateur, fusionnant en quelque sorte ses deux « entreprises » (le terme même de « parti » en référence au mouvement politique de Berlusconi a disparu depuis longtemps), se projetant lui-même comme le leader-manager d’un immense trust politico-médiatique qui confère à l’Italie des allures de « vidéocratie ». Au Royaume-Uni, sous l’égide de David Cameron, élu à la tête du parti conservateur en décembre 2005, l’introduction sur le site internet du parti de blogs et de vidéos aux allures de télé-réalité (Webcameron) mettant en scène un leader détendu et accessible, chez lui, entouré de sa famille, ouvrant les portes de son intimité annonce également une nouvelle ère de communication politique dont les partis conservateurs se font les pionniers décomplexés, suggérant qu’en la matière, la modernité est désormais de leur côté et l’archaïsme du côté de leurs opposants. Le mouvement gaulliste, longtemps caractérisé par l’absence de bureaucratie et l’amateurisme de l’organisation centrale a été remplacé, d’abord sous la houlette d’Alain Juppé puis de Nicolas Sarkozy, par l’augmentation d’un personnel administratif désormais recruté sur des critères de spécialisation et la sous-traitance de certaines activités de communication à des prestataires privées. Elaboré par toute un arsenal d’experts et de professionnels, le « produit » conservateur que tous cherchent à vendre aux électeurs, sous un nouveau logo et/ou un label renommé (UMP, New Tories, Il Popolo della Libertà), se veut à la fois plus attrayant, capable d’attirer des suffrages jusqu’alors négligés et de rassembler les électeurs au-delà des clivages partisans traditionnels. A la tête de son parti-entreprise, le leader s’affiche comme l’incarnation d’une synthèse idéologique inédite et viendrait confirmer la thèse de l’essoufflement des concepts de gauche et de droite.

La stratégie du grand écart

Alors que Anthony Giddens préconisait la recherche d’une « troisième voie » empruntée ultérieurement par le New Labour de Tony Blair, l’offre des partis conservateurs est plutôt celle du grand écart idéologique, voire de l’oxymore entre des valeurs et des idées parfois diamétralement opposées. L’objet même du conservatisme, par son extrême élasticité, se prête sans doute très bien à cette manipulation. A propos du conservatisme britannique, Michael Oakeshott en parlait déjà non comme d’une idéologie mais une « disposition » faisant allusion à cette combinaison diachronique de respect de l’ordre établi et des institutions contre les valeurs « subversives » des Lumières puis d’adaptation au réformisme social et politique issu de la révolution industrielle et motivé par la nécessité d’élargir le suffrage aux classes moyennes et ouvrières. Cet ancrage historique qui définit le conservatisme comme un objet flexible, pragmatique et intrinsèquement réfractaire au dogme fait aussi des partis qui s’en réclament de véritables « pâtes à modeler » idéologiques entre les mains de leurs leaders. Car quelles sont encore les valeurs qu’ils portent puisqu’historiquement celles-ci n’ont cessé de se transformer et d’évoluer au gré des circonstances ?

Si antinomiques et opaques soient-elles, ces valeurs restent toutefois perceptibles en ce qu’elles s’articulent autour de deux axes qui eux demeurent constants : le rôle de l’Etat (en matière de politique économique et de sécurité intérieure) et la place de la nation face aux logiques de mondialisation et d’intégration européenne. Autour de ces deux piliers se diffuse une constellation d’attitudes qui varient entre les partis, au sein des partis et au gré des circonstances. Certaines d’entre elles, comme la politique sécuritaire et l’immigration, font toutefois l’objet d’un consensus généralisé et relativement fixe que vient renforcer la prise en compte stratégique d’une extrême droite de plus en plus envahissante. Le durcissement des politiques sécuritaires constitue le dénominateur commun de tous les gouvernements conservateurs qu’ils brandissent comme un bouclier de protection nationale, surtout en période de crise économique. En France comme au Royaume-Uni et en Allemagne, où les électorats conservateurs sont parmi les plus hostiles à l’immigration, elle se confond avec un débat sur l’identité nationale qui s’élabore en opposition aux étrangers, au moment même où certains de ces gouvernements cherchent à en compenser les effets en pratiquant une politique de l’inclusion et de l’ouverture en faveur d’élus ou de ministres issus de l’immigration. Mais le débat sur l’identité nationale se construit ainsi dans la stigmatisation de l’autre et produit alors ses propres effets pervers dominés par le spectre d’une résurgence des communautarismes et des particularismes.

D’autres enjeux illustrent le décalage frappant entre certains principes, cette oscillation fragile et contingente qui rend difficile l’élaboration d’un modèle commun. L’attitude envers l’Union européenne est révélatrice des tensions entre l’attrait du souverainisme et la logique inéluctable d’une interdépendance croissante entre les pays : si l’UMP et la CDU, piliers du Parti Populaire Européen au sein du Parlement européen, incarnent bien ce second pôle d’attitudes, le parti conservateur de David Cameron brandit désormais un euroscepticisme officiel dont il s’est fait le chef de file en créant à Strasbourg un groupe distinct du PPE, les Conservateurs et Réformistes européens. Le clivage sur l’Europe au sein des partis conservateurs trahit leur incapacité à produire un discours cohérent sur la place de l’Etat-nation dans l’espace européen, le cadre national étant tantôt perçu comme le seul modèle de référence acceptable, tantôt comme un concept dépassé face aux logiques d’intégration européenne et de mondialisation.

En matière économique, l’émergence d’un consensus néo-libéral dans l’espace politique européen a incité la plupart des partis conservateurs à accélérer le désengagement de l’Etat. Depuis l’automne 2008, la crise financière qui secoue l’ensemble des pays occidentaux a servi d’alibi idéal à des gouvernements conservateurs soucieux de rassurer les marchés et de conserver leur bonne note auprès des agences de notation financière. Mais le poids des cultures politiques nationales a aussi constitué un frein à ce processus. Pour purger son parti du « tout-économique » qui a très longtemps pesé sur sa réputation, David Cameron n’a pas hésité à faire des conservateurs les thérapeutes improbables d’une « société brisée ». D’où le discours d’une « Big Society » visant à redonner du pouvoir aux individus en renforçant la démocratie locale ou en leur donnant la possibilité de gérer eux-mêmes leurs services publics. Mais dans un contexte d’extrême restriction budgétaire, tout particulièrement en direction des administrations locales, on perçoit toute la signification de cette « Big Society » qui revient à faire littéralement disparaître l’Etat-providence. Contre toute attente, le message, parfois mal compris par les électeurs, a été cependant reçu avec intérêt dans un pays marqué, depuis la période victorienne, par une véritable culture du volontariat et convaincu, depuis peu, de la responsabilité des gouvernements travaillistes de Blair et de Brown dans la situation d’endettement massif qu’ils doivent aujourd’hui endiguer. En témoignent inversement les résistances actuelles, dans notre pays, aux réformes des retraites qui signalent l’attachement des Français aux services publics et à un modèle redistributif de justice sociale. Malgré les mesures sur le bouclier fiscal, la suppression des droits de succession pour les revenus les plus élevés ou la réduction drastique des emplois dans la fonction publique qui révèlent l’impact que peut avoir le modèle néo-libéral à l’anglo-saxonne, l’attachement aux fondements de l’Etat-providence et les plans néo-keynesiens de relance du secteur bancaire rendent difficilement concevable l’introduction d’un programme d’austérité budgétaire semblable à celui du gouvernement de coalition britannique. Cette ambivalence se retrouve aussi à l’échelle géographique en Italie, où les disparités régionales entre un Nord partisan de réductions fiscales et de dérégulation et un Sud attaché à ses infrastructures et aux aides de l’Etat obligent toujours Berlusconi à regarder dans les deux directions, à la fois vers la Lega Nord d’Umberto Bossi et vers l’Allianza Nationale de Gianfranco Fini, au risque de bricoler un programme économique incohérent, d’entrer en conflit récurrent avec ses deux alliés et de mettre ainsi en péril tout l’édifice Berlusconi.

Dysfonctionnements et crises

Car derrière l’apparent succès se profilent pourtant les difficultés que certains partis conservateurs commencent à affronter. La gestion du pluralisme en est la clé de voûte et risque d’entrainer pour les leaders des difficultés organisationnelles et idéologiques, plus lourdes que prévu. Sur le plan de l’organisation, tout d’abord, le style de leadership adopté constitue un facteur non négligeable de la capacité du leader à masquer les tensions, en particulier sa capacité à naviguer entre les différents courants, à négocier entre eux et à suffisamment les représenter. L’aptitude du leader à maintenir l’unité du groupe est loin de dépendre de sa seule volonté ou de personnalité. Outre un ensemble de facteurs institutionnels, qui imposent des contraintes structurelles dont les leaders ne peuvent s’affranchir sans rogner sur leur légitimité, le succès du leadership dépend en grande partie de l’équilibre à atteindre entre les contraintes qui pèsent sur eux et les ressources dont ils disposent. Si les ressources financières alimentées par les donations des milieux d’affaires et de bienfaiteurs milliardaires restent relativement constantes, les soutiens militants qui jadis constituaient un pilier essentiel de leur autorité ne cessent de s’amenuiser et la loyauté des députés s’avère de plus en plus fluctuante et fragile.

La gestion du pluralisme, entre les mains du leader, octroie ainsi à ce dernier une immense autorité sur le parti, malgré des différences notables entre les pays. En France, l’impopularité croissante de Nicolas Sarkozy est souvent attribuée à une pratique autocratique du pouvoir qui tend à étouffer les voix discordantes au lieu de leur laisser la parole. Malgré la création d’un droit de tendances au sein de l’UMP, les réticences des leaders ont retardé l’instauration des « mouvements » souhaitée en 2002 et inscrite dans les statuts. Cette approche tranche avec le style managérial de leadership qui perdure au sein de la CDU, où l’élection d’Angela Merkel, femme, protestante et originaire de l’ex-RDA, incarne la volonté de représenter la variété des courants[v]. Cette approche, particulièrement adaptée à un parti attrape-tout de tradition « corporatiste » comme la CDU, dominé par l’importance des multiples groupes d’intérêts sociétaux, induit pour la dirigeante la recherche d’un subtil équilibre entre les groupes internes et la nécessité de rester en retrait des différentes tendances, pour éviter d’être identifié trop fortement à l’une d’entre elles. Au Royaume-Uni, cet équilibre a été atteint de manière artificielle par David Cameron, qui apparait à la fois comme un modernisateur et un néolibéral eurosceptique : à la gauche (minoritaire) du parti en matière de libéralisme culturel et à la droite (majoritaire) du parti sur les questions économiques et européennes. Au lendemain de son arrivée au gouvernement, le choix judicieux d’un cabinet composé à la fois d’eurosceptiques et de pro-européens, qui cherche à donner le sentiment que le nouveau Premier ministre britannique est disposé à représenter tous les courants d’opinions sur l’Europe, se lit aussi comme une stratégie judicieuse pour bâillonner à la fois les plus hostiles à l’Union européenne chez les conservateurs et les plus europhiles des libéraux-démocrates. Il est encore trop tôt pour savoir si Cameron optera pour un style autocratique ou délibératif de leadership, dilemme que vient encore compliquer la présence des libéraux-démocrates, au sein de la coalition gouvernementale, même si leurs représentants (Nick Clegg en tête) appartiennent à l’aile droite du parti. Mais la restructuration de son équipe dirigeante autour d’un quatuor donnant l’impression de gouverner en vase clos (David Cameron et George Osborne, le chancelier de l’Echiquier, Andy Coulson, directeur de communication et Steve Hilton, en charge de la stratégie) pourrait faire naître un vif ressentiment dans les bases militantes et parlementaires des partis conservateurs et libéraux-démocrates.

A l’extérieur de l’organisation partisane, l’exercice autocratique du pouvoir est perçu comme une marque de mépris pour des électeurs auxquels le leader doit pourtant sa réussite. S’y ajoute dans les cas français, italien et britannique le regard que ces derniers peuvent porter sur les liens de leurs dirigeants respectifs avec le monde de l’argent. Impression croissante qui pourrait se reporter, en réaction, sur les voix des autres partis aux prochaines élections, malgré les efforts de ces dirigeants pour désacraliser la fonction qu’ils représentent. Mais c’est précisément sur ce décalage avec la rhétorique populiste que portent les critiques. Le style d’un Berlusconi ou d’un Sarkozy, connus pour leur franc-parler et leurs déclarations provocatrices, vient renforcer l’idée d’un succès politique « fabriqué » et entretenu par une scénographie qui cultive le verbe et l’image, parfois au détriment du sens et de l’action, surtout lorsqu’elle exhale l’odeur sulfureuse de scandales politico-financiers.

Outre les difficultés organisationnelles, les obstacles idéologiques relèvent d’une sorte d’oxymore entre un discours « économiste », qui penche nettement du côté d’un néo-libéralisme souvent offensif, et un discours « nationaliste » arcbouté sur les intérêts nationaux. Les contradictions entre les politiques anti-immigration et l’intégration européenne illustrent les difficultés que rencontre la droite face aux défis de la mondialisation et le grand écart qu’elle doit accomplir pour concilier un discours de protectionnisme culturel avec celui d’une ouverture pragmatique vers les pays de l’Union et les Etats-Unis pour des raisons économiques et géostratégiques. Un enjeu comme l’immigration intègre à lui seul cette double dimension économiste et nationaliste : il « se situe à la croisée de deux sémantiques très différentes : celle qui s’appuie sur les enjeux fonctionnels et économiques… et celle qui est fondée sur la culture, l’identité et la tradition »[vi] La gestion douloureuse de la diversité ethnique et religieuse, qui prend la forme en France d’un débat sur la laïcité ou en Grande-Bretagne sur le multiculturalisme, montre l’incapacité de ces partis à produire un discours constructif qui diffère de celui, souverainiste et xénophobe, représentant « l’étranger » – qu’il s’agisse de l’immigré ou des institutions européennes – comme une menace qui pèse à la fois sur la prospérité économique et la sécurité nationale. Mais ce qui risque de détourner les électeurs n’est pas tant le discours sur l’immigration que l’obsession des gouvernements en la matière, au détriment des sujets qui les préoccupent au quotidien comme l’emploi, les retraites ou les impôts. Ce décalage entre la rhétorique de « l’appel au peuple » et la réalité de politiques qui donnent l’impression inverse de favoriser les élites, risque de laisser un goût amer à des électeurs avides de de cohérence.


[i] A. ALEXANDRE-COLLIER et X. JARDIN, Anatomie des droites européennes, Paris, Armand Colin, 2004

[ii] C. RUZZA et S. FELLA, Re-inventing the Italian Right, Territorial politics, populism, ‘post-fascism’, Londres & New York, Routledge, 2009, p. p. 42.

[iii] J. BLONDEL, J.-L. THIEBAULT et al., Political Leadership, parties and citizens. The personalisation of leadership, Londres & New York, 2010.

[iv] A. ALEXANDRE-COLLIER, Les Habits neufs de David Cameron. Les conservateurs britanniques (1990-2010), Paris, Presses de Sciences Po, collection « Nouveaux Débats », 2010.

[v] S.E. WILIARTY, « Angela Merkel’s Path to Power: The role of Internal Party Dynamics and Leadership », German Politics, 17(1), 2008, pp. 81-96.

[vi] G. SCIORTINO, « Towards a political sociology of entry policies: conceptual problems and theoretical proposals », Journal of ethnic and Migration Studies, 26(2), 2000, pp. 224-225.

Agnès Alexandre-Collier, Université de Bourgogne

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