Itinéraires de la droite en Scandinavie : un essai d’interprétation

Yohann Aucante, Maître de conférences à l’EHESS (Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron) /  aucante@ehess.fr

Depuis les années 1970, les systèmes de partis de l’Europe du Nord qui étaient considérés comme des modèles de stabilité ont considérablement évolué mais à des rythmes assez diversifiés selon les pays. En effet, le modèle à 5 partis reposant sur une sorte de « gel des clivages » selon les propositions de Lipset et Rokkan[1] a été plus ou moins rapidement pris en défaut en même temps que la volatilité électorale augmentait dans des proportions importantes. Certains partis de droite ont été des moteurs ou ont directement bénéficié de ces nouvelles configurations mais la droite dans son ensemble a aussi été radicalement transformée dans ce processus. Les vieux partis conservateurs ont dû se moderniser face aux coups de boutoir d’une nouvelle droite « anti-fiscale » et plus ou moins nationaliste au Danemark et en Norvège, ou bien sous les effets du néo-libéralisme dans les trois pays ; des formations démocrates-chrétiennes périphériques sont progressivement venues compléter l’offre d’un centre-droit en quête permanente d’une identité ou luttant pour sa survie parlementaire. Mais surtout, les relations entre la droite et les grands partis dominants de la social-démocratie se sont transformées au terme d’une convergence assez forte des deux pôles et de leurs clientèles, ce qui rend bien plus difficile la différenciation de l’offre politique.

L’objectif de cet article est à la fois de fournir quelques clés de lecture essentielles pour mieux saisir les dynamiques internes et relationnelles de la droite scandinave (Danemark, Norvège et Suède)[2] au cours des dernières décennies et de proposer des éléments d’analyse d’une situation politique qui reste particulièrement labile, voire instable[3].

Le paysage historique de la droite

En tout premier lieu, il est essentiel de préciser ce que la terminologie de « droite » recouvre en Scandinavie. On peut signaler d’abord que les partis conservateurs historiques dans les trois pays ont revendiqué cette appellation en propre pendant une partie de leur existence. Issus des classes dominantes qui s’appuyaient sur la monarchie et contrôlaient l’appareil gouvernemental à la fin du 19e siècle, les conservateurs ont progressivement été surclassés à la fois par des formations libérales mieux organisées qui portaient le nom de « gauche » (venstre) au Danemark et en Norvège et par les partis ouvriers d’obédience social-démocrate. Parfois alliés, souvent en concurrence, ces deux derniers types de mouvements avaient une clientèle très mixte dans des pays encore très largement ruraux. C’est sur ce fondement que se sont également structurés de grands partis paysans ou agrariens qui, bien que foncièrement conservateurs, ont entretenu des rapports variables avec le libéralisme politique et économique ou avec le socialisme.

Il ne s’agit pas ici de saisir les nuances fines d’une histoire politique complexe et très mal connue en France mais de souligner le fait que – aux côtés d’une droite classique – il existe un « centre » politique ancien et original en Scandinavie dont certains éléments ont gardé le nom de « gauche » encore aujourd’hui (voire gauche radicale) et qui ont pour partie mené le combat démocratique contre la droite. Ainsi, même si certains partis du centre agrarien auraient pu facilement verser dans une forme de fascisme dans l’entre-deux-guerres, ils ont finalement été l’instrument d’alliances ou de coalitions historiques avec la social-démocratie dans les années 1930, qui ont fourni à cette dernière la plateforme nécessaire pour ancrer s’installer durablement au pouvoir.

Ceci explique que la notion de droite ait eu relativement peu de succès politique, sauf pour désigner l’ennemi, les partis en question préférant se référer au centre ou se désigner comme formations « bourgeoises » (on parle encore des partis « bourgeois » en Suède aujourd’hui), « libérales » ou non socialistes. Même la droite historique, à l’exception notable de la Norvège, a finalement renoncé à ce titre en lui préférant ceux de conservateurs (au Danemark, 1915) ou de modérés (en Suède, 1969). Le terme « populaire » a aussi été plébiscité par des formations allant des conservateurs (Danemark) aux libéraux (Suède), en passant par les nationalistes (Danemark) et les démocrates chrétiens (Norvège). Enfin, comme nous allons le voir, aucun des partis populistes ou nationalistes n’a revendiqué cette appellation de « droite » et deux de ces formations historiques en Suède et en Norvège se sont construites sur la notion de « progrès ». Loin d’être seulement des questions d’ordre sémantique, ces ambivalences ont une dimension idéologique et identitaire forte qui ne facilite pas le placement des partis sur un continuum bien défini. Les niveaux élevés et croissants de volatilité électorale ne contribuent pas plus à la lisibilité.

La question du pouvoir et de l’alternance

Ces ambivalences se sont traduites par des difficultés récurrentes pour le centre-droit à proposer une alternative politique cohérente même lorsque ses effectifs étaient numériquement majoritaires. Ceci a favorisé une dominante de gouvernements minoritaires, souvent sociaux-démocrates et qui ont joué des divisions de l’opposition en cooptant tel ou tel parti dans des alliances législatives plus ou moins informelles. Pendant longtemps – disons jusqu’aux années 1960-70 -, l’idée d’une coalition entre le centre et les conservateurs était très difficile à concevoir et sa mise en œuvre encore plus.

Les scissions éventuelles et l’essoufflement de la social-démocratie à partir de la fin des années 1960 ont certes ouvert de nouveaux horizons pour un centre-droit en quête de modernisation. Mais, dans le même temps, l’irruption des partis populistes du progrès au Danemark – 16 % des voix en 1973 – et en Norvège (1973) est venue compliquer la question des alliances. Au Danemark, ce parti a été supplanté par un Parti du peuple danois issu d’une scission dans les années 1990 et qui soutient le gouvernement libéral-conservateur[4] depuis près d’une décennie tandis qu’en Norvège, son « homologue » est resté dans l’opposition alors qu’il est devenu la deuxième force politique du pays (la première au gré des sondages). Si bien que la géométrie spatiale de la droite est dorénavant très différente dans les trois pays étant donné que c’est la droite modérée qui a réussi à conserver son rôle de leader en Suède, occupant l’exécutif en coalition avec les partis du centre pour le deuxième mandat consécutif et ravissant dans les sondages récents la place de plus grand parti aux sociaux-démocrates pour la première fois. Néanmoins, cette situation ne saurait être tenue pour acquise tant les succès des partis du centre-droit ont été variables ces dernières décennies, souvent très dépendants des leaders et des changements d’orientation programmatique. Il suffit de rappeler que les modérés suédois de Bo Lundgrén ne valaient plus que 15 % aux législatives de 2002 et qu’ils semblent s’être métamorphosés sous l’égide de Frederik Reinfeldt pour tutoyer la social-démocratie au cap des 30 % en 2010. Et si la Suède avait été relativement préservée des percées de la droite populiste ou nationaliste, les dernières élections ont aussi marqué l’avènement parlementaire d’un parti hostile à l’immigration, les démocrates de Suède. Déjà bien implantée au niveau local, cette formation puise ses origines dans une culture d’extrême droite passablement lissée depuis une dizaine d’années et elle est susceptible de poser avec retard le même type de problèmes stratégiques sur le plan parlementaire que les populistes des pays voisins apparus il y a déjà 40 ans.

En dépit de systèmes de scrutins proportionnels, l’existence de seuils relativement élevés pour accéder à la représentation parlementaire (4 % en Suède et en Norvège, 2 % au Danemark) menace de manière persistante certains des partis du centre-droit. C’est ainsi qu’en 2009, les libéraux norvégiens (Venstre) qui avaient été le grand parti menant la lutte pour le parlementarisme et l’indépendance nationale à la fin du 19e siècle sont « sortis » par la petite porte[5]. D’autres organisations s’approchent régulièrement du seuil fatidique comme les chrétiens-démocrates suédois ou norvégiens qui ont d’ailleurs mis plusieurs décennies à être représentés, ou bien le centre suédois. Or ces formations restent les appoints traditionnels des coalitions de droite même si le Danemark a expérimenté une nouvelle formule et la Norvège a reconduit en 2009 une alliance rouge-verte entre gauche et centre. Les systèmes de partis scandinaves semblent donc demeurer éminemment fluides par contraste avec leur grande stabilité d’autrefois. Les élections européennes, bien que très fortement marquées par l’abstention, ont aussi contribué à l’ouverture et à une certaine diversification de l’offre politique avec des formations eurosceptiques comme le mouvement de juin au Danemark (1992-2009) et son pendant suédois, la liste de juin (2004).

Renouveaux et trajectoires idéologiques

Pour être en mesure de mettre à mal la longue domination social-démocrate tout en se distinguant les uns des autres, les partis de droite et du centre ont dû opérer des révisions multiples et plus ou moins profondes. Sur le plan économique, il faut noter que le libéralisme scandinave n’a jamais été très radical et la révérence pour l’action de la puissance publique est historiquement assez largement partagée. De ce fait, la mutation néo-libérale de la droite a été moins profonde que dans d’autres pays et ce d’autant plus que la gauche social-démocrate favorable à l’économie de marché a elle-même évolué dans ce sens.

Même si les conservateurs ont longtemps fait de la lutte contre le trop d’impôt leur cheval de bataille, les mouvements les plus hostiles à la fiscalité et à la bureaucratie ont été les partis du progrès danois et norvégien, historiquement fondés sur ce programme[6]. Mais eux aussi ont beaucoup évolué pour accepter et valoriser ce « patrimoine commun » de l’État-providence. Ainsi, en Norvège, le progrès reste-t-il l’un des plus favorables à l’utilisation d’une part croissante des énormes dividendes du pétrole pour améliorer le fonctionnement du système de protection sociale. Ce sont aussi ces partis qui ont amené le débat sur l’immigration sur la place publique avec une xénophobie plus « contenue » que dans d’autres pays ; l’entente entre les libéraux et le parti du peuple de Pia Kjærsgaard au Danemark en est l’illustration la plus aboutie, qui a incité la droite à rendre de plus en plus stricte la législation sur l’immigration. A l’inverse, ce sont les partis libéraux et conservateurs qui ont été précocement les plus europhiles et ont milité pour un accrochage aux communautés européennes alors que les partis populistes et les centristes agrariens étaient et restent notoirement plus divisés selon les pays. Chacun apportant sa mesure d’innovation, ce sont ces derniers qui ont été les pionniers, en Suède, d’une forme d’écologie politique dans les années 1970, avec comme moteur l’opposition à l’énergie nucléaire et le lien entre agriculture et protection de l’environnement. Ils ont aussi été les partisans inconditionnels de la décentralisation et du maintien d’une tradition de démocratie locale.

Aujourd’hui, les deux partis du centre-droit historique qui se distinguent sont clairement les libéraux danois (Venstre) et les modérés suédois. Ces formations ont réussi à moderniser leur image et leur leadership (Anders Fogh Rasmussen, avant son départ pour l’Otan, et Frederik Reinfeldt) et à renouveler leur programme : dans les deux cas, elles ont montré qu’elles pouvaient concilier aussi bien que les sociaux-démocrates les acquis d’un État-social fort mais largement réformé dans les années 1990 avec les valeurs du libéralisme économique et une volonté de maîtriser la pression fiscale. Défiant leurs vieux ennemis sociaux-démocrates, les modérés se sont même autoproclamés « nouveau parti des travailleurs » mais ils doivent composer avec les doléances de leurs trois partenaires habituels dans l’Alliance pour la Suède qu’ils ont fondée depuis 2004. Au Danemark, la grande différence se trouve dans le soutien du parti du peuple au gouvernement, qui a considérablement influencé les politiques d’immigration dans un sens à la fois plus restrictif et contraignant[7]. Or cette alliance est à double tranchant dans la mesure où le parti du peuple est devenu de plus en plus eurosceptique alors que les libéraux et les conservateurs restent partisans d’une normalisation de la politique européenne du Danemark caractérisée par ses clauses d’exemptions. Enfin, avec l’entrée au parlement des démocrates de Suède, les débats sur l’immigration et l’UE vont sans aucun doute devenir plus tendus et complexes.

Les défis de la droite radicale

S’il existe une tradition vivace de groupuscules d’extrême droite en Scandinavie, ils ont en général conservé leur rôle marginal et local. Il faut souligner que les partis du progrès qui ont émergé au Danemark et en Norvège dans les années 1970 n’en sont pas des émanations et ont au contraire des affinités plus claires avec le centre-droit. La radicalité de cette nouvelle droite résidait à l’origine dans le discours anti-fiscal, l’opposition à la croissance d’un État social-démocrate, ainsi que dans le style très hétérodoxe – ou populiste – de certains des leaders. Ce n’est que plus tard que des positionnements hostiles à l’immigration croissante ont pu apparaître dans les deux pays jusqu’à devenir un thème prédominant au Danemark avec l’éclipse du parti du progrès par le parti du peuple. Et l’hostilité ou la méfiance à l’égard de l’UE sont aussi des sujets importants pour leur électorat. Ces organisations ont toutefois attiré des électeurs de pratiquement tous leurs concurrents pour constituer leur clientèle même si c’est la sensibilité de droite qui prédomine, avec un mélange de libéralisme et d’autoritarisme. Le parti du progrès norvégien, longtemps porté par la personnalité charismatique de Carl Hagen, a ainsi réussi à devenir une force politique à égal des conservateur, voire des sociaux-démocrates[8]. Mais il n’a toujours pas obtenu d’opportunité gouvernementale bien que les conservateurs aient flirté avec la possibilité d’une coalition en 2009, ce qui a contribué à diviser le centre-droit. Même s’il est très bien intégré au jeu politique depuis des décennies, le parti du progrès reste donc en porte-à-faux alors qu’il gouverne déjà en coalition au niveau local.

La percée des démocrates de Suède obéit à un schéma assez différent bien que cette formation – dont les bastions sont dans l’extrême sud du pays[9] – s’inspire officiellement du succès du parti du peuple danois. Le seul élément qui rappelle l’émergence des partis du progrès est l’insistance sur quelques thèmes privilégiés, dans le cas présent l’immigration et la protection sociale, avec l’idée que la première coûte cher à la seconde. Bien qu’il s’en défende, le parti a beaucoup été attaqué comme étant xénophobe, notamment lors de la campagne assez dure de 2010 qui l’a conduit jusqu’au parlement. Son jeune leader de 32 ans, Jimmie Åkesson, est très loin de l’image et du profil d’un Jean-Marie Le Pen et il a opéré un « nettoyage » du parti pour le débarrasser de ses éléments trop ouvertement racistes. Il se dit ainsi prêt à coopérer avec les autres formations politiques pour peu qu’elles acceptent de discuter certaines de ses revendications. Or si les partis traditionnels veulent éviter ce genre de compromission, il n’en reste pas moins qu’ils doivent prendre en considération la pénétration croissante des démocrates de Suède au plan local et national et dans un système fondé sur la représentation proportionnelle.

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En 2005, l’historien norvégien Francis Sejersted avait intitulé « le siècle social-démocrate » son tableau du 20e siècle en Suède et en Norvège. A l’entame du 21e siècle, la gauche européenne semblait avoir le vent en poupe mais il s’est depuis nettement renversé en faveur de la droite. Encore faut-il nuancer en parlant de « droites » au pluriel dans la mesure où ce sont les partis classiques de centre-droit qui sont aux affaires depuis plusieurs années en Suède et au Danemark, avec le soutien d’un parti « national-populiste » dans ce dernier cas. Et si une coalition de centre-gauche semble se maintenir en Norvège, c’est la droite radicale qui s’y affirme sans pour autant avoir la capacité de former une alternative de gouvernement. Enfin, la Suède qui avait étrangement échappé à l’emprise de la droite protestataire ou populiste est aujourd’hui rattrapée par l’ascension d’un parti hostile à l’immigration et susceptible de gêner autant la gauche que la droite traditionnelle au pouvoir. Au vu des coalitions assez différenciées qui se forment dans les trois pays, l’espace politique reste assez ouvert. Face aux défis populistes, on peut se demander si la convergence de la droite et de la gauche classique et la tradition d’alternance des centristes ne conduiront pas à un « dépassement » de ce clivage ancien, faisant écho aux propositions d’Anthony Giddens[10].


[1] Lipset et Rokkan, , LIPSET S.M. et ROKKAN S., « Cleavage Structures, Party Systems and Voter Alignments: An Introduction », in LIPSET S.M. et ROKKAN S. (eds.), Party Systems and Voter Alignments. Cross

National Perspectives, The Free Press, New-York, 1967. Le système à cinq partis incluait traditionnellement deux formations de gauche (communiste et social-démocrate), un parti agrarien, un libéral et un conservateur. Il est resté globalement prévalent depuis les années 1920 jusqu’aux années 1960 en dépit de l’apparition rare ou intermittente de partis marginaux au parlement.

[2] Les systèmes de partis en Finlande et Islande sont assez différents et ne seront pas abordés ici.

[3] Ceux qui voudraient accéder à une analyse historique plus détaillée en français (sur deux pays) pourront utilement consulter la note de Jacob CHRISTENSEN, Où en est la droite ? La Suède et le Danemark, Fondapol, 2010. Il n’est pas inutile de rappeler que l’objet « droite » reste assez peu prisé des politistes, et la Scandinavie ne fait pas exception en la matière.

[4] Les libéraux dominent cette coalition, étant devenus le plus grand parti devant les sociaux-démocrates en 2005 (avec 29 %) tandis que les conservateurs ne réalisaient que 10 %.

[5] S’ils ont échoué à passer le seuil de 4 % pour la représentation nationale, ils ont néanmoins obtenus deux sièges au titre du système de compensation lié au mode de scrutin.

[6] Le parti du progrès norvégien a pour origine le fameux « Parti d’Anders Lange pour des réductions substantielles des taxes et des interventions publiques » et le fondateur du progrès danois, Mogens Glistrup, comparait volontiers l’évasion fiscale à la résistance danoise durant la guerre de 1939-45. Il fit du reste de la prison pour ce motif dans les années 1980.

[7] Avant 2010, le seul épisode où la droite suédoise fut confrontée à la question d’une coopération avec un parti populiste fut entre 1991 et 1994 lorsque la Nouvelle démocratie fit son entrée au parlement. Sans véritable cohérence, cette formation a été marginalisée et a vite disparu de la scène politique.

[8] Ironiquement, le progrès eut longtemps son quartier général à Oslo dans une petite maisonnette rose mitoyenne de l’énorme bâtiment en briques rouge hébergeant le parti social-démocrate, comme le symbole d’un organisme parasite.

[9] Fondé en 1988, le parti réalise depuis une décennie des

scores à deux chiffres dans certaines communes de Scanie. Mais il a notablement élargi son audience aux élections de 2006 et 2010 (les communales en lieu en même temps que les législatives).

[10] GIDDENS A., Beyond Left and Right.The Future of Radical Politics, Cambridge, Polity press, 1994.

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