Par Michel Bordeloup
« Travailler plus pour gagner plus » tel était l’un des slogans, l’un des fils rouges du message du candidat Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, pour s’adresser aux Français et promettre le rétablissement de la situation économique et sociale du pays.
Plus de 40 mois plus tard, le bilan économique et financier ne confirme guère le bien fondé de cette intuition. Fin 2010, le niveau de richesses produites reste inférieur à celui atteint fin 2007.
Le pays compte toutes catégories confondues 4,27 millions de chômeurs, soit depuis l’été 2007 plus de 700 000 personnes supplémentaires sans activité ou en activité réduite. En fait, la logique de réduction du temps de travail se poursuit, mais à travers le temps partiel subi, et la baisse du pouvoir d’achat qui en résulte, et non par un meilleur partage des gains de productivité.
Cette contre performance d’ensemble explique largement l’explosion des déficits et les pertes de compétitivité globale de notre économie. Elle s’accompagne d’une montée de la précarité, c’est à dire d’emplois à temps partiel subi, d’intérim de CDD, d’intermittents, de l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres. L’emploi n’est plus désormais un moyen absolu d’échapper à la pauvreté et à l’exclusion. Le contournement du CDI devient la règle pour les nouvelles embauches. L’incertitude du lendemain pèse sur le dynamisme de l’activité et le moral des forces vives du pays.
La stagnation du pouvoir d’achat pour une grande part des ménages, entretient le « surendettement », le sentiment de déclassement, y compris pour les couches moyennes salariées, la conviction que l’avenir a de fortes probabilités d’être pire que le présent, pour soi-même et surtout pour ses enfants. La chute historique de la masse salariale globale en 2009, a contribué à amplifier ce sentiment de recul collectif et individuel.
Dans ce contexte, la qualité de gestion n’est pas au rendez vous; Ainsi, le déficit public annuel a été multiplié par 3, passant de 2,7% du PIB à près de 8%. L’endettement public cumulé vient de franchir la barre des 80% du PIB ( 83% ) soit environ 1600 milliards d’euros. La seule charge de la dette s’élève à près de 45 milliards, autant dire, le deuxième poste budgétaire de l’Etat.
A ce sombre bilan, inquiétant pour les futures générations, s’ajoute l’approfondissement de la dette sociale, à plus de 170 milliards d’euros, et des déficits des comptes sociaux -régime général, régimes complémentaires, régimes particuliers et spéciaux, assurance chômage-.
Le déficit structurel du commerce extérieur de l’ordre de 50 milliards par an, traduit la détérioration de notre compétitivité globale et l’affaissement de notre industrie. La désindustrialisation de secteurs d’activité et de régions entières conduit à ce que l’industrie ne représente plus que 14% du PIB, la proportion d’emplois industriels se situant, désormais, à nettement moins de 20% de la population active salariée, dans le secteur marchand. Cette tendance ajoutée à la chute de l’investissement industriel explique largement le décrochage vis à vis de l’Allemagne, qui connaît pour sa part un excédent commercial moyen de 150 milliards par an, alors qu’elle dispose de la même monnaie et de ressources équivalentes en matières premières, et en énergie.
Sur un autre plan, l’endettement privé reste considérable ; il a toutefois été très partiellement transféré sur l’endettement public, à la faveur des mesures de soutien aux banques, lors de la crise financière de l’automne 2008 ; à noter que ce renflouement public d’organismes bancaires privés, s’est déroulé sans contrepartie et sans réel cahier des charges, aggravant ainsi le sentiment d’injustice et de déséquilibre. Cet alignement sur les besoins financiers des banques, sans condition et sans contrôle, se traduit aujourd’hui, par des manoeuvres spéculatives, des mêmes établissements financiers sous couvert des agences de notation, contre les Etats et les autorités publiques, ayant pourtant contribué à les renflouer.
L’accroissement des déficits, qui encourage les menées spéculatives la guerre des monnaies et le chantage au moins disant social, de la part des »marchés », c’est à dire des oligopoles, à l’origine de la crise financière de 2008 et de la récession de 2009, est également dû à une politique fiscale laxiste et clientéliste initiée dès 2002 et amplifiée depuis 2007. L’augmentation des « niches fiscales » de l’ordre de 25 à 30 milliards depuis 3 ans, celle des « niches » et exonérations de cotisations sociales de plus de 10 milliards depuis la même période, sans parler du « paquet fiscal » d’un coût de l’ordre de 12 milliards par an pour les finances publiques, expliquent pour les deux tiers l’ampleur des déficits publics atteints. Quant au « bouclier fiscal » aujourd’hui contesté par le pouvoir exécutif, il a symbolisé pendant plus de trois ans, l’injustice et la négation de toute progressivité fiscale.
Ainsi, l’addition des « niches fiscales »- 75 milliards- des « niches » et exonérations de cotisations sociales concédées, sans contrepartie- près de 40 milliards- et de la fraude fiscale annuelle estimée à 45 milliards, représente une somme de plus de 150 milliards, légèrement supérieure au déficit public de l’année 2010. Le clientélisme et les facilités accordées aux plus favorisés, aux patrimoines et à la rente, se paient au prix fort. Elles creusent l’endettement présent et à venir et l’injustice sociale, tout en bridant l’activité économique. Elles contribuent aussi à miner les solidarités sociales et territoriales et menacent la pérennité de notre protection sociale. Nous sommes très loin de la priorité « accordée à ceux qui se lèvent tôt ». Les résultats sur le terrain social paraissent aussi, en effet, tout aussi préoccupants.
Au- delà de l’augmentation du chômage- en particulier du chômage de longue durée- 1,5 millions d’hommes et de femmes – force est de constater l’échec de la loi TEPA sur la défiscalisation des heures supplémentaires, symbole du slogan électoral « travailler plus pour gagner plus ».
Ce dispositif se concrétise aujourd’hui, par un recul de l’emploi industriel, une hausse du chômage, du chômage partiel, du temps partiel subi, la stagnation du nombre d’heures travaillées, et un coût important pour les finances publiques de l’ordre de 4 milliards par an, soit 12 milliards en 3 ans.
Le MEDEF a utilisé ce mécanisme, au compte gouttes pour éviter d’embaucher, tout en empochant les bénéfices de la défiscalisation. Au bout du compte, il s’est agi d’un dispositif incitant à ne pas embaucher, sur fonds publics, dans un contexte de chômage massif et de dégradation du code du travail.
Parallèlement à cet échec sur le front de l’emploi, il convient d’évoquer la montée de la grande pauvreté. 8 millions de personnes se retrouvent actuellement sous le seuil de pauvreté, soit 13% de la population globale ; des hommes, des femmes, mais aussi des enfants- plus de 1,5 millions- et des personnes âgées- plus d’1 million- en raison de la faiblesse du niveau des retraites et des pensions de réversion. Ce constat auquel il faut ajouter les 4 millions d’interdits bancaires, contredit les engagements de Nicolas Sarkozy sur la nécessaire réduction de la pauvreté au cours du quinquennat.
Conséquences directes, le pays connaît près de 4 millions de mal logés et près de 200 000 « sans abris« . Le slogan de campagne électorale « tous propriétaires » a permis de pratiquer l’érosion du parc social, sans répondre aux besoins immédiats, ni même aux nécessités de l’hébergement d’urgence. En outre, une diminution du rythme d’accession des ménages modestes à la propriété aggrave le sentiment de désillusion et de frustration, au regard des promesses affichées.
La part affectée au logement dans le budget des ménages ne cesse de croître ; cette tendance explique les multiples surendettements observés, freine l’accès à la propriété, pour les ménages modeste. Le tout dans un contexte d’échec total de la politique de la ville.
Par ailleurs la réforme des retraites a été imposée, sans la moindre négociation avec les partenaires sociaux, au mépris du paritarisme social, en contradiction avec les engagements réitérés du chef de l’Etat à propos du maintien de l’âge légal de la retraite. Ce dispositif ne prévoit rien concernant la pénibilité des métiers, rien sur les différences importantes d’espérance de vie selon les carrières professionnelles, rien de conséquent sur le risque de chômage accru des seniors et des jeunes.
Pourtant, le report progressif de l’âge légal de la retraite va s’appliquer au moment où le chômage des jeunes dépasse le taux de 23% et où l’activité des salariés âgés de plus de 55 ans reste inférieure à 40%; il s’agit même de deux anomalies regrettables comparées aux performances européennes sur ce terrain. De surcroît, cette réforme qui pénalise avant tout, les salariés ayant commencé très tôt à travailler, dans des conditions souvent pénibles, ainsi que les femmes, n’est pas totalement financée, loin s’en faut. Elle ouvre, dans l’injustice, la voie à l’extension des fonds de pension, et à la fragilisation programmée du plus grand nombre, vis à vis d’une retraite sûre et décente.
L’adoption de ce dispositif, très contesté dans l’opinion et parmi les salariés de toutes les générations, a également confirmé le recul de la négociation sociale et de la démocratie sociale, par une démarche de contournement délibéré des acteurs sociaux, et notamment des organisations syndicales solidaires.
Ce retrait du principe de négociation et de concertation en vue de la conclusion d’un compromis, s’accompagne souvent d’une logique de privatisation de la sphère et de l’esprit publics ; et ce, en dépit de discours volontaristes et de référence au rôle de l’Etat, comme ceux de Toulon invoquant la régulation contre la spéculation, de Lorraine, promettant la sauvegarde d’un site industriel, sans pour autant respecter les engagements dans la durée. En fait les choix de Nicolas Sarkozy obéissent largement à une exigence d’affaiblissement des moyens et donc des missions de la sphère publique, en dépit de rodomontades d’opportunité, contre le laisser faire et « les patrons voyous » délocalisant l’outil de travail sans laisser d’adresse. C’est là un réflexe profondément ancré, à côté de discours d’affichage cherchant à le contredire et surtout à le masquer.
Ainsi, les déremboursements et les franchises médicales creusent les inégalités devant la maladie, et ruinent les chances de la prévention. Les déserts médicaux s’étendent ; 25% de la population hésitent ou renoncent à se soigner pour des raisons financières. La réforme de l’hôpital aligne le mode de fonctionnement et les objectifs sur le secteur privé lucratif et renforce au final, le poids des cliniques dans le domaine de la chirurgie.
La Révision Générale des Politiques Publiques vise au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, partant à la retraite et conduit à une forme de sous administration du pays, dans beaucoup de domaines (éducation, aménagement du territoire, police, santé, lutte contre la fraude fiscale, etc… ). L’éducation est ainsi devenue une contre priorité, avec près de 70 000 postes supprimés en trois ans.
L’étranglement financier des collectivités locales fragilise les services publics de proximité, accroit l’inégalité territoriale, contredit l’exigence de libre administration des collectivités territoriales. Il compromet aussi, les capacités d’investissement public.
La révision brutale et sans concertation de la carte judiciaire, écarte un peu plus le justiciable du service public de la justice, à l’aune du manque de moyens financiers ou de l’éloignement relatif. La réforme annoncée du juge d’instruction instruisant à charge et à décharge accentue cette logique. Car, l’instauration d’une procédure « inquisitoire » conforterait le rôle du parquet et sa capacité à instruire seulement à charge contre des justiciables, d’autant plus démunis, qu’ils n’auraient pas les moyens, pour la plupart d’entre eux, de solliciter des cabinets d’avocats performants. Seuls les justiciables très fortunés pourraient ainsi espérer compenser le caractère implacable de l’instruction univoque et à charge.
Tout s’additionne pour accentuer les injustices sociales et territoriales, altérer le « vivre ensemble », qui suppose « un vivre solidaire », pour faire reculer l’égalité réelle et finalement la réalité des valeurs de la République, telles que proclamées et revendiquées par Condorcet, Jean Jaurès ou Pierre Mendes France et François Mitterrand.
Le chef de l’Etat avait pourtant annoncé au lendemain de sa victoire électorale, « une République irréprochable ». Il nous a imposé à l’automne 2009, une initiative purement idéologique, contredisant ouvertement le message intégrateur, rassembleur, et universel de la République. Le débat organisé par les moyens officiels sur l’identité nationale a révélé la vraie nature d’un pouvoir, qui donne l’impression de préférer l’exclusion à l’intégration, la division au rassemblement, la stigmatisation à l’égalité citoyenne, La controverse sur l’identité nationale a heureusement tourné court, à telle enseigne que le Premier Ministre a jugé utile d’y mettre fin plus tôt que prévu. Il n’en demeure pas moins que la République s’en est trouvée meurtrie, car heurtée dans ses valeurs et ses principes.
De même, la péroraison du Latran privilégiant le prêtre, au détriment de l’instituteur, pour l’éducation et la transmission des valeurs, n’a pas amélioré la lisibilité du message de la France, à l’égard des autres pays et d’elle-même. Elle a plutôt témoigné d’une grande confusion et d’une réelle absence de mémoire sur ce qui fait la richesse de notre République.
En tous les cas, cette approche de l’identité nationale a réveillé et révélé des réflexes d’exclusion voire de xénophobie, tout en prenant soin d’ignorer les vraies responsabilités de l’immigration clandestine et de l’exploitation de la misère humaine, à savoir les donneurs d’ordre économiques. Elle a contribué à banaliser les slogans de l’extrême droite, provoquant la remontée du Front National, lors des élections régionales de mars 2010. Elle a laissé une France en dehors de ses repères, de ce qui fait depuis plus de deux siècles, sa force et son rayonnement.
A défaut d’une « République irréprochable », nous avons une République abîmée. De surcroît, les médiations démocratiques, syndicales, associatives sont méprisées ; les contre pouvoirs sont contournés quand ils refusent d’être domestiqués. La concertation en vue d’une recherche de compromis, est négligée. L’autorité judiciaire est stigmatisée, lorsqu’elle rappelle la règle de droit et la primauté de l’Etat de droit. Le discours de la division, de désignation de boucs émissaires, l’emporte sur l’aptitude au rassemblement, à la conviction, à la pédagogie.
Nous sommes aussi en présence d’une forme d’omniprésidence, intervenant sur tout, commentant et tranchant de tout, conjuguant compassion surjouée et mouvements de menton. La concentration des décisions et la surmédiatisation se surajoutent au service d’une hypertrophie du moi, au sommet de l’Etat. Le Parlement est ainsi réduit à un rôle marginal, comme l’a montré le débat tronqué sur la réforme des retraites. La révision constitutionnelle de juillet 2008 qui disait vouloir « revaloriser », le Parlement a aggravé cette tendance en maintenant l’interventionnisme présidentiel dans les pratiques. Le Premier Ministre a été, au début du quinquennat gratifié d’une vocation de collaborateur du chef de l’Etat, tandis que les ministres sont régulièrement « court-circuités » par l’appareil de l’Elysée et en particulier par son secrétaire général. Le « rééquilibrage » actuel entre les deux têtes de l’exécutif, imposé par les échecs à répétition, est largement factice.
La recentralisation dans les territoires, et donc de l’action des collectivités territoriales, est engagée, à la faveur d’une réforme qui crée confusion des rôles et assèchement des moyens pour les communes, les départements, les régions.
Des libertés républicaines sont écornées. Le discours de Grenoble du « 30 juillet 2010 », renvoie au concept inacceptable de la discrimination d’origine ethnique. Les dispositifs anti- immigrés s’empilent au point de provoquer des amalgames douteux et malsains. L’échec en matière de sécurité publique est patent. L’augmentation des violences physiques et des atteintes aux personnes exposent les plus fragiles et les plus modestes. La suppression de la police de proximité et la diminution constantes des effectifs génèrent une vraie crise de confiance parmi les forces de sécurité d’une part, et des relations difficiles avec la population. Toutes les formes de violences progressent à l’exception notoire, des crimes de sang en baisse, depuis 10 ans.
A cette photographie, d’une République abîmée, s’ajoute une image brouillée de notre pays, en dehors des frontières. Le discours daté sur l’homme Africain qui » ne serait pas assez entré dans l’Histoire », a créé le trouble.
Le lancement à grand fracas, de l’Union Pour la Méditerranée a d’abord contrarié l’Allemagne et l’Europe du Nord, avant d’être classée sans suite, faute de moyens et d’idées claires. La venue du dirigeant Libyen à Paris, à l’automne 2007, a tourné à la palinodie, et généré la polémique à l’intérieur du gouvernement. Les incantations et le jeu très personnel lors du sommet de Copenhague, fin 2009, ont été suivis d’une abdication sur la taxe carbone, il est vrai, mal conçue et injuste. Le moteur franco-allemand connaît des ratés de plus en plus chroniques, tandis que l’ambition européenne s’enlise dans une addition de plans d’austérité.
La réintégration dans l’organisation militaire de l’OTAN, sans contrepartie réelle, mène à l’effacement de l’Europe de la Défense, et à la poursuite d’une présence militaire en Afghanistan, sans perspective, ni boussole. Quant aux présidences du G20 et du G8, assumées depuis quelques semaines, elles ne peuvent dissimuler la faiblesse d’une diplomatie peu lisible dans le monde. Au total, la diplomatie de l’Elysée, car tout se décide là, ne pèse pas vraiment, vis à vis de la crise financière européenne, qui donne à l’Allemagne l’occasion de faire prévaloir ses choix, monétaires, économiques et diplomatiques.
A l’issue des deux tiers du quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous observons une société de plus en plus éclatée et cloisonnée. La situation s’est beaucoup aggravée depuis le printemps 2007, même si le deuxième mandat de J Chirac avait déjà donné le ton.
La société française, sous le coup d’une politique creusant les injustices, mais aussi inefficace, perd espoir et confiance. La peur, et l’inquiétude face à l’avenir se conjuguent avec un sentiment de déclassement individuel et collectif. Les Français estiment en majorité, que leur pays voit son rôle de plus en plus contesté, dans le concert mondial, et dans une Europe qui s’éloigne, de l’ambition fixée par les pères fondateurs.
Ce jugement s’accompagne d’une démobilisation et d’un désenchantement vis à vis de la politique. L’incapacité du chef de l’Etat à respecter sa parole et à défricher l’avenir n’y est pas pour rien. L’éphémère, le zapping permanent, et l’absence d’ambition collective créent désillusion, amertume et repli sur soi. La proximité du pouvoir politique, du monde de l’argent, facile et « décomplexé », accentue le malaise et la défiance. Les interférences sont trop nombreuses pour rester fortuites, dans l’esprit des citoyens, attachés à l’égalité et à la République impartiale.
L’enjeu du rendez vous démocratique de 2012, vise à redonner confiance et perspective, à réhabiliter le rôle du citoyen dans une démarche collective et solidaire. L’égalité réelle, le souci de l’efficacité, l’impératif de justice sociale et fiscale doivent prévaloir dans les discours et dans les propositions. Il faut imaginer un avenir, inséparable d’une triple priorité donnée à la formation, à la recherche, à la réindustrialisation, sans laquelle il n’est pas d’économie forte. Mais, comment penser un autre avenir, sans réapprendre le langage de l’intérêt général, du civisme, de la démocratie sociale, bref de la République, porteuse de valeurs d’émancipation, et d’ouverture à l’universel ?
Michel Bordeloup


