Revue de réflexion du Parti Socialiste

 
s'abonner au flux RSS
   

Mondialisation, crise économique, et crise sociale. Le protectionnisme n’est pas la solution

Henri Rouilleault[1]

Une crise multidimensionnelle

Le monde est confronté depuis 2007 à la plus grave crise financière et économique de l’après-guerre. À l’origine de cette crise, des exigences insoutenables de rentabilité, la montée des inégalités, les errements de la finance en matière d’endettement privé, de sous-évaluation et de transfert de risques, ont cumulé leurs effets. La croissance a simplement ralenti dans les pays émergents, notamment en Chine devenue première pour les exportations devant l’Allemagne en 2009 et seconde pour le PIB devant le Japon en 2010. Les pays développés sont sortis de la récession de 2008/2009, au prix d’une montée du chômage sauf en Allemagne et d’un accroissement de la dette publique pour soutenir les banques et relancer l’économie. Les politiques d’austérité aux Etats-Unis et en Europe qui visent depuis lors à retrouver un niveau d’endettement public soutenable à moyen terme tout en refusant d’augmenter les impôts font courir le risque d’une seconde récession, avec moins de marges de manœuvre pour en sortir. La crise est multidimensionnelle, un lien étroit unissant la mondialisation du commerce international et celle de la finance : les exigences de rentabilité accélèrent les transferts de production, le déficit des paiements américains nourrit l’abondance de liquidités et la montée des fonds souverains des pays émergents. Elle est systémique, avec le basculement du rapport de force géopolitique en faveur des pays émergents, et une crise écologique, climatique, et énergétique, sans précédent.

À l’ère de la communication instantanée, le capitalisme financier et les échanges commerciaux internationaux inquiètent la population des pays développés[1], particulièrement en France, sensiblement moins celle des pays émergents. Pour la Confédération Européenne des Syndicats, les travailleurs ont l’impression d’être des jetons dans un « capitalisme de casino », que les puissances financières qui ont créé la crise leur font payer l’accroissement de la dette publique qui en résulte, avec le blocage des salaires, les suppressions d’emplois. Pour beaucoup d’observateurs, au plan macroéconomique, « le pire est à venir[2] ». Les gouvernements et le vote des citoyens paraissent peser moins que les marchés financiers et les agences de notation, ce qui fragilise la démocratie représentative. Les représentants républicains bloquent l’indispensable remise en cause des réductions d’impôt pour les plus riches aux Etats-Unis. L’Union Européenne n’avance qu’au bord du gouffre pour sortir de la pression des marchés financiers sur la dette souveraine. Une monnaie unique ne peut tenir durablement quand certains Etats membres empruntent à 3 %, d’autres à 6 %, voire à 10-15 %. Des crises sociales apparaissent sous des formes variables selon les pays (mobilisations syndicales, mouvements des indignés, tensions urbaines) qui appellent chacune des réponses appropriées.

Dans ce contexte, des propositions radicales sont faites : un universitaire[3] envisage un « monde sans Wall Street » ; d’autres, de différentes sensibilités[4][5], prônent la « démondialisation » et la fin de la monnaie unique européenne. Ces thèmes sont repris au plan politique par l’extrême droite et par la gauche de la gauche, avec des contenus distincts entre ces deux courants et un désaccord radical entre eux sur les droits de l’homme et les mouvements migratoires. On plaidera à l’inverse, au vu des leçons de l’histoire et de la théorie économique, que si l’inquiétude des salariés est légitime, pour autant le protectionnisme n’est pas une solution. Pour sortir de la crise, il revient en revanche aux progressistes de pousser à des avancées concrètes et rapides, dans le monde, en Europe, et en France, en matière de régulation financière et commerciale, et de responsabilité sociale et environnementale des entreprises et des Etats.

Quelques leçons de l’histoire et de la théorie économique

La crise en cours depuis 2007 confirme une nouvelle fois les impasses de la théorie économique standard : l’économie de marché ne produit pas spontanément un équilibre, les marchés financiers ne sont pas ‘efficients’ mais de comportement moutonnier, le développement du commerce international n’est pas toujours favorable à l’ensemble des pays et des acteurs. On se concentrera sur ce dernier point.

Depuis David Ricardo en 1817, les économistes savent que le commerce international n’est pas un jeu à somme nulle où tout ce qui est gagné par les uns serait perdu par les autres, mais sous certaines conditions un jeu à somme positive, mutuellement gagnant. Pour autant, le modèle des avantages comparatifs est théorique, a-historique. La réalité est plus complexe que ses hypothèses : elle est faite de concurrence imparfaite, de mobilité des facteurs de production, capital et travail, de discontinuités dans l’évolution des prix, de la croissance et de la productivité, et dans l’ouverture des échanges.

Comme le montre Paul Bairoch[6], dans l’histoire, le protectionnisme est la règle, et le libre-échange l’exception. Entre libre-échange et croissance, il n’y a pas de loi absolue, indépendante des périodes et des pays. Il faut se garder des équations manichéennes protectionnisme = stagnation et libre-échange = développement sans leur substituer les équations inverses. Au XIXème siècle, le Royaume-Uni, alors économie dominante, est le champion du libre-échange ; les Etats-Unis sont la patrie du protectionnisme et protégent leur industrie naissante dans ce cadre ; en Europe continentale, les phases d’expansion, d’ouverture des échanges, et de crise sociale ne sont pas corrélées ; l’Inde et la Chine stagnent.

Entre les deux guerres mondiales, c’est la crise financière de 1929 et pas le protectionnisme qui engendre la récession, mais la montée des mesures protectionnistes conduit alors à l’effondrement du commerce mondial et accentue le recul de l’activité et la montée du chômage. C’est l’époque de la montée des totalitarismes, contexte qui conduit John Maynard Keynes[7], changeant d’avis sur ce point, à préconiser d’expérimenter progressivement davantage d’autosuffisance nationale de façon à produire au Royaume-Uni « chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible ». Comme le souligne Robert Skidelsky dans sa biographie[8], il s’agit d’un ‘second choix’, l’article n’étant volontairement publié après l’échec de la Conférence Economique Internationale de Londres en juin – juillet 1933.

Après la seconde guerre mondiale, l’Europe continentale jusque 1973 et le Japon jusque 1990 connaissent une forte croissance, dans un contexte de rattrapage du niveau de productivité américain et de libéralisation des échanges, avec les accords du GATT et la mise en place de l’Union Européenne. Il faut cependant attendre 1970 pour retrouver le niveau d’intégration du commerce international qui prévalait en 1913, à la veille de la première guerre mondiale. C’est l’époque de l’extension du modèle fordiste, analysé par Michel Aglietta et Robert Boyer. Économies d’échelle, gains de productivité, progression des salaires et de la protection sociale, forment un cercle vertueux. La demande interne et externe s’alimentent mutuellement. Productivité, salaires et prix convergent entre les USA, le Japon et l’Europe, et au sein de celle-ci. Le commerce international, contrairement à la théorie et à ce qui se passait avant la première guerre mondiale, se développe prioritairement au sein des mêmes branches et entre des pays développés aux dotations de facteurs similaires. Le développement des firmes multinationales joue en ce sens.

Paul Krugman[9], avec d’autres, explique ce paradoxe par une « nouvelle théorie du commerce international » qui complète le modèle de Ricardo, centré sur les écarts de productivité, et celui d’Hecksher-Ohlin-Samuelson, centré sur les différences de dotations de travail et de capital. Plus réaliste, son modèle fait place à côté des avantages comparatifs, aux économies d’échelle, à la diversité des produits au sein d’une branche, à la taille des marchés, aux coûts de transport, et à la concurrence oligopolistique. Ceci étant, la prise en compte des économies d’échelle maintient et renforce l’idée que le commerce international est un jeu à somme positive. Ces modèles rendent aussi compte de la localisation géographique des productions par les firmes nationales ou multinationales. Les rendements d’échelle sont là aussi essentiels, complétés par le jeu des externalités, proximité des universités, centres de recherche et de formation, réseaux d’entreprises…

Comme le souligne Paul Krugman[10], au moment où ces outils de compréhension de la réalité étaient élaborés, le monde redevenait plus ‘classique’. Le coût salarial horaire relatif des partenaires commerciaux américains, après avoir cru de 76 en 1975 à 81 en 1990 est retombé à 65 en 2005 traduisant la forte progression du commerce avec la Chine et le Mexique. Pour la première fois en 2006, les Etats-Unis échangent davantage de produits manufacturés avec les pays en développement qu’avec les autres pays développés. Une part importante des importations de ces pays provient des filiales, joint-ventures, et sous-traitants des firmes américaines. En France et chez nos partenaires européens, le commerce intraeuropéen reste majoritaire, mais le mouvement est en cours[11]. Dans le même temps, les nouvelles technologies de l’information et de la communication permettent de segmenter la chaîne de valeur, d’externaliser et/ou de délocaliser facilement des segments de production. Alors que les constructeurs automobiles américains étaient concentrés autour des grands lacs, Apple conçoit en Californie, produit en Chine, et commercialise dans le monde entier. Le succès des firmes allemandes à l’exportation est dû non seulement à la qualité de leur spécialisation dans les biens d’équipement mais aussi aux délocalisations de segments de production dans les nouveaux membres de l’Union Européenne. Le choix pour l’affectation des nouveaux produits et investissements entre les établissements au sein des groupes multinationaux est désormais une des formes essentielles de la mondialisation, qui explique notamment la dégradation très rapide de la balance commerciale de l’industrie automobile en France, qui passe d’un excédent de 12 Md€ en 2004 à un déficit de 5 Md€ en 2009. Les craintes dépassent cependant parfois la réalité, les délocalisations au sens du transfert à l’étranger pour réimporter ne concerneraient ainsi qu’au plus 0,4 % par an des emplois industriels en France[12], dont moitié au bénéfice des pays émergents. Mais, plus que jamais avantages comparatifs, économies d’échelle, et externalités combinent leurs effets dans la localisation des emplois. D’où, en termes de stratégie, l’importance croissante des investissements porteurs d’avenir, des pôles de compétitivité et de l’accompagnement des transitions professionnelles. À l’importance désormais reconnue des économies d’échelle et des externalités, il faut en effet ajouter celle des coûts d’ajustement, du redéploiement des activités, de la transition pour les salariés et les territoires.

Ce changement des conditions de production et d’échange dans le monde suit de peu le tournant néolibéral des années Reagan et Thatcher, et combine ses effets avec lui. La pression sur les salariés et les organisations syndicales s’accroît avec la montée des exigences de rentabilité des actionnaires, le développement des fonds de pension et de private equity, et la nouvelle division internationale du travail. La part de la rémunération du travail  dans la valeur ajoutée des sociétés non financières décroît, notamment aux Etats-Unis depuis 2001 et en Allemagne depuis 1995. En France, le rapport de Jean-Philippe Cotis[13] montre que la part de la rémunération du travail (salaires, cotisations, intéressement et participation) dans la valeur ajoutée des sociétés non financières est globalement stable depuis les années 1990, à un niveau de trois points inférieur à celui des trente glorieuses[14]. En revanche, au sein des profits, la part des bénéfices distribués s’accroît fortement par rapport aux bénéfices non distribués depuis 1990. Par ailleurs, comme le montrent Thomas Piketty et Camille Landais, les inégalités salariales sont considérablement renforcées au bénéfice des 1 % et 0,1 % des salariés les mieux rémunérés et à l’encontre des précaires. Enfin, si le coût salarial total évolue comme la productivité depuis 20 ans, la progression du salaire net par tête est plus faible (1% par an entre 1983 et 2007), une part des gains de productivité, qui ralentissent, étant absorbée par les charges croissantes de la protection sociale.

La crise en cours depuis 2007[15] est d’abord, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne, celle du modèle de croissance néolibéral basé sur la compression des salaires, l’endettement privé dans l’immobilier, et le transfert des risques financiers. Elle montre aussi les limites du modèle de croissance de l’Allemagne, fondé sur les exportations au détriment de la demande interne : modèle certes résilient aux variations de la conjoncture, mais pas généralisable, les excédents et déficits commerciaux se compensant. Elle confirme l’efficacité contracyclique de la dépense publique, et l’insoutenabilité d’une croissance trop élevée de la dette publique. En définitive, le seul modèle de croissance soutenable est fondé sur l’innovation, la croissance verte, l’investissement dans les compétences et les transitions professionnelles, le partenariat public – privé, et la négociation collective. La capacité des entreprises, des organisations syndicales, et des pouvoirs publics allemands à gérer un recul de l’activité en 2008/2009 plus fort qu’en France sans baisse d’emploi et montée du chômage est éloquent sur ce dernier point.

La perspective : plus de régulation, mais pas plus de protectionnisme

La crise financière est entrée en 2010/2011 dans une seconde phase, la crise de la dette publique des Etats-Unis et des pays de la zone euro, les écarts de taux prohibitifs imposés par les marchés financiers par rapport au taux allemand, le besoin de restaurer les comptes publics et d’éviter de casser une croissance molle. Comme toujours, une fois reconnues les contraintes très réelles, il n’y a pas qu’une seule politique possible, mais plusieurs. Des marges de manœuvre existent, au niveau mondial, au niveau européen, et au niveau français, en vue d’une économie de marchée régulée, socialement et écologiquement responsable, d’une démocratie approfondie et de la coopération internationale.

Au niveau mondial, c’est la ‘bataille pour l’organisation de la planète[16]’, pour de réels engagements en matière d’émissions de gaz à effet de serre, de régulation financière, et de résorption des importants excédents et déficits de balance des paiements par des politiques macroéconomiques coordonnées, pour une remise en ordre du système monétaire international.

Au niveau européen, c’est plus d’Europe. C’est un nouveau compromis franco-allemand, dépassant par des concessions mutuelles le fait que l’Allemagne a moins besoin de croissance que nous du fait d’une démographie en baisse, et plus de facilité à l’obtenir du fait d’une spécialisation industrielle favorable. C’est la mutualisation partielle de la dette des Etats de la zone euro[17], la coopération économique renforcée, l’émission d’euro-obligations pour financer les projets d’avenir, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, et d’une taxe carbone dans et aux frontières de l’Europe. Ces taxes pèseraient sur les comportements, leur produit servirait à financer des investissements européens dans les secteurs d’avenir. La taxe carbone freinerait par ailleurs les délocalisations en accroissant le coût du transport.

Au niveau français, c’est réduire la contrainte budgétaire en fusionnant impôt sur le revenu et CSG, en supprimant les niches fiscales, en taxant davantage les plus hauts revenus et les bénéfices distribués. C’est relancer la négociation salariale. C’est apporter des réponses au recul de la balance commerciale depuis 2002 et de la compétitivité vis-à-vis de nos partenaires de la zone euro. C’est transférer progressivement vers l’impôt les charges, pesant sur le travail, qui financent une politique universelle comme la politique familiale. C’est une politique industrielle privilégiant les investissements dans les secteurs d’avenir, sans maintenir artificiellement les industries en déclin, mais en revitalisant les territoires. C’est l’investissement dans les compétences et la sécurisation des parcours professionnels[18]. C’est une démocratie sociale plus vivante, avec l’extension du champ de la négociation collective à l’accompagnement des parcours professionnels et à la gestion des restructurations ; ce sont des représentants des salariés dans les conseils d’administration[19].

Aux trois niveaux, il s’agit de bâtir des alliances mettant en cause la logique du néolibéralisme, et infléchissant le cours de la globalisation financière et marchande, en réduisant la pression sur les salariés et les Etats. La déclaration commune du PS français et du SPD allemand de juin 2011 va dans ce sens.

Faut-il ajouter à ces perspectives concrètes, comme le proposent certains, un ‘protectionnisme sélectif[20]’ avec des taxes par pays et par produits pour compenser les écarts de coûts salariaux unitaires, ou le coût du non respect des normes sociales et environnementales ? Non, parce que ‘le protectionnisme coopératif[21]’ n’existe pas : l’histoire montre qu’il engendre toujours des mesures de rétorsion. Celles-ci seraient immédiates sur les ventes d’Airbus et de TGV et sur l’emploi si la France, ou l’Europe, taxait les importations de la Chine qui n’a pas ratifié la convention de l’OIT sur la liberté syndicale, ou de l’Inde qui n’a pas ratifié celle sur le travail des enfants. Au niveau de l’Union Européenne, la question de la ratification des normes environnementales et sociales doit être posée, mais nous ne pourrons exiger les libertés que les travailleurs chinois finiront par gagner. Au niveau français, le ‘splendide isolement’, outre qu’il contredirait nos engagements européens, serait peu réaliste pour un pays qui exporte 25 % du PIB, où un emploi sur sept hors administrations et un sur quatre dans l’industrie dépend d’un groupe étranger[22]. Il conduirait à couper nos entreprises de possibilités d’économies d’échelle et d’externalités positives dont on a vu l’importance comme sources d’innovation, de compétitivité et de croissance. Mieux vaut préparer l’avenir, favoriser l’émergence d’un nouveau modèle de développement, prendre des mesures qui responsabilisent les décideurs et donnent du temps pour des transitions négociées.


[1] Le développement des échanges commerciaux internationaux est jugé positif pour leur pays par 90 % des chinois, 53 % des français, 50 % des allemands et 39 % des américains ; 77 % des allemands, 69 % des chinois, 40 % des américains et 34 % des français jugent leur pays bien placé dans la compétition économique mondiale. Une nouvelle crise apparaît probable dans les 10 pays interrogés. Le remboursement des aides publiques par les entreprises qui délocalisent, la taxation du dumping social et environnemental, et la lutte contre les OPA par des entreprises étrangères, sont plébiscitées, particulièrement en France (sondage IFOP, en décembre 2010)

[2] Patrick Artus, Marie-Paule Girard (2008), ‘Globalisation, le pire est à venir’, La Découverte, paru à la veille de la chute de Lehmann Brothers, et dont le cœur de l’analyse reste d’actualité

[3] François Morin (2011), ‘un monde sans Wall Street ?’, Seuil, souligne notamment que les Bourses ne remplissent plus leur rôle : les émissions nettes d’action des sociétés non financières (entrées en Bourse et augmentations de capital moins dividendes versés, rachats d’action et retraits de la cote) sont  depuis 2005 aux Etats-Unis négatives de façon croissante et voisines de zéro dans les autres pays développés

[4] le prix Nobel conservateur Maurice Allais (1999), ‘La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique’, Clément Juglar, dans une analyse très contestable au plan technique comme au plan politique

[5] Jacques Sapir (2011), ‘La démondialisation’, Seuil, et dans ce numéro

[6] Paul Bairoch (1993), ‘Mythes et paradoxes de l’histoire économique’, La Découverte. On s’appuie aussi ici sur la postface de Jean-Charles Asselain

[7] John Maynard Keynes (1933), ‘National self-sufficiency’, The Yale Review n°4, 1933

[8] Robert Skidelsky (1992), ‘John Maynard Keynes, 1920-1937, the economist as savior’, Macmillan, second tome de la biographie

[9] Elhanan Helpman, Paul Krugman (1985), MIT press ; ‘Market structure and foreign trade’ ; Pop internationalism (1996), traduction française (1998), ‘La mondialisation n’est pas coupable’ ; ‘the conscience of a liberal’ (2007), traduction française ‘l’Amérique que nous voulons’

[10] Paul Krugman, ‘the increasing returns revolution in trade and geography’ Nobel prize lecture 2008

[11] 61 % des exportations en juin 2011 en glissement annuel sont à destination de l’Union Européenne et 69 % de l’ensemble de l’Europe (respectivement 58 % et 67 % des importations en proviennent). La Chine est notre second partenaire pour les importations, le huitième pour les exportations, et le principal déficit commercial

[12] INSEE, L’économie française 2005-2006, données sur la période 1995-2001

[13] ‘Partage de la valeur ajoutée, partage des profits et écarts de rémunération’ (2009), rapport de la mission présidée par Jean-Philippe Cotis, Directeur Général de l’INSEE

[14] La référence aux débuts des années 80 n’est en revanche pas relevante, la part des salaires dans la valeur ajoutée s’étant accrue à la suite des deux chocs pétroliers, la baisse des profits entraînant une baisse de l’investissement, puis augmentant après 1983 avec la désinflation

[15] Henri Rouilleault (2011), ‘L’emploi au sortir de la récession… renforcer l’accompagnement des transitions professionnelles’, www.travail-emploi-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapportHR19-11-2010.pdf

[16] L’expression est de Michel Rocard au début des années 1990

[17] ‘mutualisation dont Angela Merkel ne veut pas et que Nicolas Sarkozy n’ose pas demander’ (Jacques Delors, le Temps 18 août 2011), au risque d’approfondir la crise de la zone euro et à terme de menacer non seulement l’Italie et l’Espagne mais aussi la France, et de coûter plus cher à l’Allemagne

[18] ‘Sécurité sociale professionnelle, de quoi parle – t’on ? comment y parvenir ?’ (2011), Laboratoire des Idées

[19] ‘2012-2017 : renforcer les droits des salariés’ (2011) Terranova

[20] Jacques Sapir, op cit, qui en attend une baisse de 4 points du taux de chômage

[21] Arnaud Montebourg (2011), ‘Votez pour la démondialisation’, Flammarion, qui préconise ‘un protectionnisme européen à dimension écologique’

[22] INSEE Première n° 1069, mars 2006, données à fin 2003


[1] Économiste, ancien Directeur Général de l’ANACT

Henri Rouilleault

Laisser un commentaire