Revue de réflexion du Parti Socialiste

 
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Pour une « morale démocratique ou libérale-démocratique »

Revue socialiste : On a tendance à penser que la gauche socialiste oscille entre deux positions, une position que je qualifierais de libérale, qui consisterait à considérer que tout est permis dans la sphère privée et notamment dans les rapports entre les sexes à partir du moment où il y a consentement, et une position peut-être un peu plus récente que l’on retrouve par exemple dans la dénonciation de la marchandisation du corps au nom de la préservation de la dignité humaine. Validez-vous ce schéma ?

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Morale et politique

La morale et la politique font-elles bon ménage ? Au nom du réalisme politique, tout particulièrement dans le domaine des relations internationales, on a parfois défendu et il arrive que l’on défende encore, bien que plus sourdement, la nécessité de s’affranchir de préoccupations morales. On décrète alors, arborant à l’occasion une référence incertaine à la pensée de Machiavel, les dangers auxquels nous exposerait la sensiblerie de ces belles âmes (les bleeding heart liberals de la langue anglo-américaine), toujours promptes à s’offusquer des violences ou des libertés prises avec la loi alors même que le contexte exigerait d’y voir des moyens nécessaires. La politique, ce n’est pas la morale. La politique, c’est la gestion d’intérêts qui s’entrechoquent. C’est la continuation de la guerre, mais par d’autres moyens, pourrions-nous dire en pensant à la définition du politique à partir de l’opposition ami/ennemi que proposa le fameux Carl Schmitt, ce juriste allemand qui n’hésita pas à mettre son talent au service de l’appareil nazi pendant la seconde Guerre mondiale.

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Le socialisme oublié : aperçus sur le socialisme moral fin de siècle (Frédéric Rauh, Charles Andler, Jean Jaurès et quelques autres)

Alors que les républicains ne firent jamais mystère de la dimension morale de leur idéal, l’inscrivant dans la chair de la devise républicaine, il en alla tout autrement chez les socialistes, apparemment plus avares de confessions morales. Adossés aux seules vertus de la science dont ils armèrent leur critique du capitalisme, n’usant de l’indignation qu’à la façon dont les combattants agitent l’étendard de leur cause, ils traitèrent le plus souvent la morale avec mépris, l’accablèrent de sarcasmes, la réduisant, dans le sillage de Marx et de ses épigones, à l’état d’une « farce bourgeoise ».

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Sortir Kant de nos têtes

Pour des raisons qui ne sont pas toutes purement philosophiques, Kant est devenu (ou redevenu) la référence ultime dans les débats publics relatifs aux questions dites « éthiques ». Peut-on encore imaginer une discussion sur les mères porteuses, l’euthanasie, l’expérimentation sur les embryons, le clonage, l’assistance sexuelle aux handicapés, qui ne tournerait pas autour des trois slogans inspirés par sa pensée : il ne faut pas « instrumentaliser » la personne humaine, la traiter comme un « simple moyen », et porter atteinte à sa « dignité » ? Non, bien sûr.

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La gauche, la droite et l’argent

L’argent fait-il le bonheur ? La question est souvent posée. Et les réponses diffèrent, la plus connue étant celle de Jules Renard : « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le » . A l’opposé, Arnold Schwarzenegger constate : « Je possède aujourd’hui 50 millions de dollars et je ne suis pas plus heureux que lorsque j’en avais 48 ». Comme Spike Milligan, on peut aussi penser que, si l’argent ne fait pas le bonheur, il rend sans doute le malheur « plus sympa » .

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